Sebta : le CNI avait alerté dès le 29 juillet, mais 19 messages restent encore secrets

- 17h00 - Espagne - Ecrit par : Mohamed A.

Le CNI avait signalé dès le 29 juillet un appel à franchir la frontière de Ceuta depuis le Maroc. Devant la justice, l’ancien chef de cabinet du représentant de Madrid affirme avoir transmis l’avertissement et révèle l’existence de 19 autres messages encore non déclassifiés.

Gonzalo Sanz a témoigné jeudi 1er octobre devant la juge María Tardón, à l’Audience nationale. Il assure avoir prévenu son supérieur, Miguel Ángel Pérez Triano, de l’alerte reçue du Centre national de renseignement espagnol, rapporte Euronews dans un article publié le lendemain.

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Ce témoignage contredit la version donnée publiquement par l’ancien délégué du gouvernement, qui avait nié avoir disposé de cette information. Le désaccord avait conduit Sanz à démissionner le 11 septembre : il jugeait sa position incompatible avec le récit de son supérieur.

L’avertissement était précis. Le 29 juillet à 13 h 52, un agent du CNI avait signalé par WhatsApp un appel sur les réseaux sociaux à entrer dans Ceuta « par la clôture et par la mer », le lendemain à 20 heures. Une note urgente avait également été adressée aux services de renseignement marocains, selon les documents déclassifiés en septembre et détaillés par EFE.

Un téléphone pour compléter la chronologie

L’ancien chef de cabinet évoque 19 messages et une conversation téléphonique absents des documents rendus publics par le gouvernement. Il a accepté l’extraction du contenu de son téléphone. Pour intégrer ces échanges à l’enquête, la magistrate devra obtenir leur déclassification.

Sanz défend néanmoins le travail de la délégation du gouvernement. Selon son témoignage rapporté par Cadena SER, les demandes de moyens supplémentaires se multipliaient avant le 30 juillet. Dès le 24, un rapport préparé par ses soins décrivait une entrée massive comme hautement probable et avait été transmis à Madrid.

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Cette succession d’avertissements est au cœur des auditions. La juge cherche à reconstituer les informations reçues par les responsables espagnols et les décisions prises avant que la frontière ne soit débordée.