Crise de Sebta : après les soupçons contre le Maroc, un rapport espagnol ne trouve aucune preuve
Un rapport de la Guardia Civil n’a identifié ni les organisateurs de la mobilisation numérique autour de Sebta ni de preuve reliant celle-ci au gouvernement ou aux services de sécurité marocains. Ces conclusions ne mettent toutefois pas fin à l’enquête judiciaire espagnole.
L’information apparaît dans une note publiée le 10 septembre par le service de recherche du Parlement européen. Le document revient sur les passages massifs des 30 et 31 juillet et sur les soupçons successivement dirigés contre le Maroc.
Des images de vidéosurveillance avaient, selon le quotidien El Español, conduit certains enquêteurs à soupçonner la présence d’agents marocains en civil parmi les groupes rassemblés à la frontière. Un rapport du Centre national espagnol de l’immigration et des frontières, relevant de la Police nationale, avait ensuite attribué un rôle actif à des membres des forces marocaines.
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La Guardia Civil a mené de son côté une analyse distincte. Son rapport de six pages portait notamment sur la préparation d’une nouvelle tentative de passage annoncée pour le 15 août et comparait les informations publiées par les médias espagnols et marocains. Les enquêteurs ont également étudié des groupes Facebook, WhatsApp et Instagram réunissant environ 400 000 membres.
Aucun organisateur identifié sur les réseaux sociaux
À partir des informations disponibles en sources ouvertes, la Guardia Civil affirme ne pas être parvenue à identifier les responsables de la campagne. Elle indique également n’avoir trouvé aucun élément reliant cette mobilisation au gouvernement marocain, aux services de sécurité du royaume ou à un réseau déterminé de passeurs.
Cette conclusion ne signifie pas que toutes les accusations visant des agents marocains sont écartées. Le rapport de la Guardia Civil examinait principalement la campagne numérique et la menace d’un nouveau passage, tandis que celui de la Police nationale portait davantage sur les événements observés sur le terrain les 30 et 31 juillet. Les deux documents n’ont donc ni le même objet ni les mêmes conclusions.
La justice espagnole poursuit d’ailleurs ses investigations. La juge María Tardón a ouvert une enquête sur un possible scénario de « guerre hybride » afin de déterminer si les passages ont été coordonnés, d’identifier leurs organisateurs et d’établir les éventuelles responsabilités.
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Le gouvernement de Pedro Sánchez maintient pour sa part qu’aucune preuve ne permet, à ce stade, d’attribuer l’opération à Rabat. Le rapport cité par le Parlement européen conforte cette prudence concernant la mobilisation sur les réseaux sociaux, sans trancher les soupçons portant sur le comportement de certains agents marocains à la frontière.