Après la sécheresse, l’arganeraie d’Essaouira ne retrouve pas son état d’avant

- 05h00 - Maroc - Ecrit par : Farid Laamoudi

Une étude menée sur 25 ans dans la province d’Essaouira montre que l’arganeraie s’est partiellement stabilisée après le recul provoqué par la sécheresse entre 2012 et 2016, sans retrouver sa trajectoire antérieure. Les secteurs côtiers restent les plus fragilisés.

Des chercheurs de l’Université Mohammed V de Rabat ont analysé l’évolution des paysages dominés par l’arganier dans toute la province d’Essaouira entre 2000 et 2025. Leurs travaux ont été publiés le 9 septembre sur Sciforum, avant leur présentation à la Conférence internationale électronique sur les forêts organisée du 14 au 16 septembre.

L’étude s’appuie sur un indice de capital naturel construit à partir de douze indicateurs biophysiques et humains. Les données, traitées par zones de 300 mètres à l’aide de Google Earth Engine, permettent de comparer l’état de la végétation, la température des sols et les pressions exercées sur l’écosystème.

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Les chercheurs distinguent trois périodes. L’état de l’arganeraie s’améliore progressivement entre 2000 et 2011, avant de régresser sous l’effet de la sécheresse entre 2012 et 2016. Une stabilisation partielle apparaît ensuite, mais sans véritable retour à la situation antérieure.

Le littoral d’Essaouira décroche

Cette évolution moyenne masque de fortes différences à l’intérieur de la province. L’écart entre les boisements préservés de l’intérieur et les secteurs côtiers dégradés dépasse 37 points sur l’indice utilisé par les chercheurs.

Au total, 19,3 % des communes enregistrent une détérioration statistiquement significative de leur écosystème, principalement le long du littoral. À l’inverse, une amélioration est observée dans 40,4 % des communes.

L’état de la végétation constitue le principal facteur expliquant ces résultats, avec un poids de 35,2 % dans le modèle. La température estivale de la surface des sols arrive en deuxième position, à 22,1 %, confirmant la vulnérabilité de l’arganier aux fortes chaleurs et au manque d’eau.

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Cette cartographie doit permettre d’identifier les territoires où les opérations de restauration sont les plus urgentes. Elle apporte aussi un nouvel éclairage sur les programmes de plantation d’arganiers qui prévoyaient 2 885 hectares dans la province d’Essaouira.