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Siham Assif

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23 octobre 2005 - 14h24 - Comédiens et acteurs

Siham Assif est une actrice rêveuse. Elle est toujours à la recherche du grand rôle qui lèverait le voile sur son talent. De plateau en scène, elle s’efforce de plaire et déploie tout son charme pour y arriver. Portrait d’une actrice charmante, une chanteuse revendiquée et fan de la danse orientale.

Se regarder en face et se traiter d’impuissant, voilà ce qui arrive quand on perd la valeur de soi-même. Siham Assif donne l’impression de se regarder tout le temps en face et de se dire : “t’es la meilleure, tu décrocheras certainement le rôle qui te hissera au rang de grande star, accomplie, du cinéma marocain”. Il suffit de parler pendant quelques minutes avec cette actrice, natif de Tanger en 1976, pour s’en rendre compte.

Dans ses précédentes sorties, les cinéphiles lui trouveront des traits caractéristiques. Ils noteront sans doute au passage que le corps de l’actrice est tout le temps mis à profit sans exagération. Que la sensibilité de l’être est marquante, certainement. Ils pourront aussi rester sur leur faim, tant on a l’impression que l’actrice n’a pas encore trouvé le bon directeur de casting qui irait jusqu’à la mettre à nu, sentimentalement parlant, devant la caméra. De la pousser à se mettre vraiment dans la peau de ses personnages, à être juste, sans souci de grande perfection.

Tout cela, Siham Assif en est consciente. Sa quête du grand rôle est presque une obsession. Mais rien ne presse. Elle dispose du facteur temps et âge, la beauté, sous estimée par ses collègues mais flattée par les mecs. Elle a tout à gagner à se faire remarquer sous sa vraie nature, loin du stress des plateaux.

Le chemin fut long à parcourir, depuis les débuts balbutiants des années 90. Siham Assif se remémore le souvenir lointain d’une adolescence obsédée par la gloire et la reconnaissance du public. En 94, toujours dans la catégorie ado, mais option beauté, Siham Assif décroche le prix de miss Tanger puis arrête ses études à l’âge de 18 ans. Sans hésitations. Elle s’image déjà reconnue par les cinéphiles et plébiscitée par les fans. Douce obsession qu’elle altère par un premier passage dans la chanson, à Agadir, où elle anime sur place pendant de longs mois.

C’est dans cette ville qu’Abdelkrim Derkaoui la découvre et l’engage pour jouer le rôle principal de son film : “La rue le Caire”.

Un film sorti au forceps et dont la mise en boîte définitive a duré plusieurs années. “Tournage catastrophique s’écrie-t-on à l’époque.” La consécration suivra immédiatement après la sortie du film, à l’occasion du festival national du film marocain à Casablanca. L’actrice décroche une mention spéciale pour son rôle dans le film.
Première expérience, premier rôle principal et une première consécration. L’événement fait le bonheur de la famille, surtout la mère qui voit à travers sa fille se concrétiser ses rêves de jeunesse.

Elle même chanteur à une certaine époque, elle n’a pas cessé d’encourager sa fille à persévérer et à mieux sélectionner ses projets. “Ma mère est ma force et mon énergie. C’est aussi ma meilleure amie, avec qui je partage toute ma vie”. La petite famille compte d’autres artistes, dont le père, qui vit loin de ses enfants, mais pour qui Siham a toujours une pensée particulière.

Une année plus tard, Nour Eddine fait appel à elle pour jouer un rôle dans son premier long-métrage “Le retour”. Les préparatifs ont pris du retard. Prévu pour le mois de septembre, le film ne sera tourné qu’en décembre 2002.

Pendant ce temps, Siham Assif tourne avec Narjis Nejjar dans son premier long-métrage : “Les yeux secs”. Au cours du tournage, elle crie “J’ai enfin trouvé mon vrai rôle. J’avais promis à ma famille que je serais à la hauteur de leurs attentes. Aujourd’hui, je pense, c’est chose faite”. Dans ce film, elle joue le rôle d’une prostituée rattrapée par les souvenirs d’une mère prisonnière, elle même ancienne courtisane de sa tribu.

L’actrice compte par ailleurs d’autres expériences dans le cinéma étranger, signés Roger Young, Benoît Grafin et Hatim Ali. Seulement, jusqu’à maintenant, elle n’a pas encore tourné son vrai rôle. Première étape, Siham Assif se dit plus sélective et plus attentive aux rôles qu’on lui soumet. Le désir de la perfection se substitue à celui de la reconnaissance publique. L’actrice a une seule obsession, rencontrer le réalisateur ou la réalisatrice qui lui proposerait un rôle “Taillé sur mesure”. “J’ai la patience et la persévérance qu’il faut. J’ai aussi la vie devant moi... Ça peut arriver du jour au lendemain, comme je pourrais attendre toute ma vie. J’en suis consciente”.

Autre rêve, celui d’une jeune femme mûrie par le contact des réalisateurs et les expériences des plateaux ; celui de se lancer un jour dans la réalisation. L’idée la titille de plus en plus, mais elle se garde de s’y lancer sans armes. Après l’apprentissage sur le terrain, elle prévoit une formation d’initiation aux techniques de la réalisation. Autres rêves ? Avoir un bébé ! “J’adore les bébés, mais pour l’instant mon unique bébé est “Les yeux secs” (film de Narjis Nejjar). Les fans, vous avez une piste à creuser.

Marco Hebdo

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