E-commerce : gros volume d’affaires mais peu de paiements en ligne

- 07h59 - Maroc - Ecrit par : L.A

Si l’on ne compte plus le nombre de sites de commerce en ligne qui font dorénavant partie du paysage économique marocain, on ne peut que s’étonner de se voir conseiller à chaque requête de « passer au magasin » pour acheter le produit désiré. Selon les experts, les « pure players », ceux qui appliquent à la lettre le concept de vente en ligne, c’est-à-dire qui permettent effectivement l’achat du produit, son règlement et sa livraison sans se déplacer restent encore rares.

Nombre de nouveaux arrivants sur le marché du e-commerce profitent des effets d’annonce avant de délaisser leur plateforme commerciale et de la limiter à une simple vitrine virtuelle. « Les entreprises qui ont les moyens de communiquer ne le font pas », explique un responsable d’une régie publicitaire. Déçus par le mirage de fortunes vite faites, à l’image d’Amazon.com, nombreux sont ceux qui ont abandonné leur activité, comme Hypertech. « On peut dire qu’il n’y a presque plus de plateforme de e-commerce selon l’orthodoxie des internautes », explique Adel Mokhtari, DG de Fusion Ingeneering. Une orthodoxie qui veut que le vendeur ne dispose pas de magasin commerciale, au sens propre du terme.

Pourtant, les opérateurs ne sont guère pessimistes. « Nous arrivons à vivre de notre activité », explique Ahmed Naçri, DG de Webstore. De manière globale, les revendeurs de matériel informatique réalisent, par Internet, un chiffre d’affaires variant entre 4 et 5 MDH par an. En outre, depuis le début de la vague de lancement de sites de e-commerce, les revendeurs ont doublé leur chiffre d’affaires d’année en année. Et cela, à quelques rares exceptions près, sans proposer la carte de crédit comme mode de paiement.

Ainsi, en 2008, le chiffre d’affaires du e-commerce se montait, selon Maroc télécommerce, gestionnaire de la plateforme de paiement en ligne, à quelque 35 MDH. Ce chiffre concerne essentiellement le « B2C » et se définit à travers les opérations de paiement par carte de crédit en ligne. En l’absence d’association, il est impossible d’évaluer le chiffre d’affaires du secteur, mais les experts s’accordent à dire qu’en incluant les paiements par chèque effectués à la suite d’une commande, par le biais d’Internet, il dépasse largement le milliard de dirhams.

Du coup, « on peut dire que le commerce en ligne est en train de décoller », assure Samira Gourroum de Maroc télécommerce. Mais elle corrobore les dires des experts en expliquant qu’il faut savoir comment aller vers la vente en ligne et respecter la méthodologie. « Il leur faut communiquer, être présents sur la sphère Internet et être patients », précise-t-elle. Démarche que confirme Adel Mokhtari pour qui il faut « avoir la foi ». D’ailleurs, beaucoup savent qu’il leur faut, même en proposant un produit attractif, survivre encore trois ans pour arriver à vivre confortablement de son activité. Signe que le potentiel est encore largement sous exploité, une entreprise de stature internationale comme Royal Air Maroc ne réalise que 10% de son chiffre d’affaires par le commerce en ligne.

Les Marocains restent méfiants à l’égard du paiement par carte bancaire

L’une des causes est que « les consommateurs marocains sont méfiants. Ils redoutent les arnaques et rechignent à communiquer des informations personnelles », renchérit un expert. Il y a aussi le fait que le niveau des commissions « pousse certains sites de commerce en ligne à opter pour le paiement à la livraison », poursuit Mme Gourroum. Par exemple, des sites marchands tels qu’épicerie.ma ou lescourses.ma, en raison de marges très faibles, ne proposeront jamais le paiement en ligne. C’est pourquoi le Centre monétique interbancaire (CMI) est en train de négocier une baisse des commissions avec les sociétés de cartes de crédit Visa et Mastercard.

Les annonceurs démarchent les sites les plus visités pour leurs insertions publicitaires

Sur un autre plan, les opérateurs sont parfois prudents parce que les clients n’honorent pas toujours leurs commandes. Comme un produit personnalisé a de faibles chances de trouver preneur en cas de défection, les risques de perte de chiffre d’affaires ne sont pas négligeables.

Cela étant, le e-commerce est un recours obligé pour certaines activités. Il en va ainsi pour le tourisme dans son ensemble. Que ce soit les agences de voyages ou encore les hôtels, la réflexion pour se doter d’un site web marchand est en cours. Il existe déjà une offre à travers divers portails, mais les opérateurs se rendent bien compte que leur offre ne sera que plus alléchante s’ils traitent directement avec le client final. « Dans la conjoncture actuelle, il faut baisser les charges. Certains le font en licenciant, d’autres en se lançant dans le e-commerce », explique la responsable de Maroc télécommerce.

Pour contourner les difficultés actuelles, certains sites recherchent d’autres sources de revenus. La solution la plus évidente est de louer de l’espace publicitaire sur son site. Il n’est pas rare pour un entrepreneur de se voir approcher par des multinationales pour vendre de l’espace. D’ailleurs, un site de vente en ligne permet d’atteindre très précisément sa cible pour peu qu’elle dispose d’un compte comprenant des données personnelles. Cependant, cette méthode peut s’avérer risquée en matière de crédibilité du site, expliquent certains professionnels. Malgré tout, le commerce en ligne continue d’évoluer, les Marocains profitant de retours d’expérience à l’international.

Source : La vie éco - Noredine El Abbassi

  • Publicité sur internet : un chiffre d'affaires de 35 MDH en 2008

    Internet attire de plus en plus d'annonceurs. Pour 2008, le chiffre d'affaires publicitaire qui a transité par les sites internet au Maroc est estimé à 35 MDH. Et le marché progresse à un rythme fulgurant. De quelques milliers de dirhams en 2005, les recettes ont atteint 5 MDH en 2006 et 15 millions une année plus tard.

  • Achat en ligne : ce qu'en pensent les internautes marocains

    92% des internautes marocains pensent que le commerce en ligne va se développer dans les deux ans à venir et 96% estiment que c'est souhaitable. Ce sont les statistiques qui ressortent d'une étude de marché réalisée récemment par le cabinet On Line Commerce, à travers un questionnaire adressé à 1000 internautes à travers le pays.

  • Lastminute au Maroc ?

    Le groupe "Lastminute" France, spécialiste et acteur majeur des voyages en ligne, compte s'implanter au Maroc au courant de l'année 2009. Annoncé par le directeur général du groupe, Patrick Hoffstetetter, le groupe dispose déjà d'un service clients au Maroc.

  • La lente décrue de l'âge d'or des téléboutiques

    Les temps sont durs pour les téléboutiques. L'activité qui a connu son heure de gloire entre la deuxième moitié de la décennie 90 et le début des années 2000 est en chute libre.

  • Hanouty passe de la petite épicerie aux grandes supérettes

    Hanouty aborde un virage stratégique après deux années d'existence. A compter de cette année, l'enseigne élargira son réseau avec des magasins de 400 m2, alors que la superficie moyenne par point de vente variait jusque-là entre 20 et 200 m2. De grandes supérettes cohabiteront donc avec de petites épiceries de quartier.

  • La crise immobilière est bien là

    On a beau essayer de la dissimuler, la crise est bel et bien là. Plusieurs éléments confortent ce constat. En premier lieu, Bank Al-Maghrib a confirmé dans son dernier rapport sur la politique monétaire « une légère décélération de son rythme d'évolution ». Emanant de la plus haute autorité monétaire du pays, ces propos ne peuvent qu'être pris au sérieux.

  • Carrefour relance la bataille de la grande distribution

    Avec l'ouverture du premier hypermarché de la marque française Carrefour, la bagarre pour la grande distribution est bel et bien enclenchée. Depuis l'échec de la collaboration Auchan/ONA, c'est le premier distributeur international à s'installer au Maroc.

  • La Logan marocaine bientôt sur le marché égyptien

    Enfin, la Logan fabriquée par Somaca a reçu, la semaine dernière, le feu vert de la part des autorités égyptiennes pour qu'elle soit commercialisée sur le marché local sans paiement de droits de douane. Et ce conformément aux dispositions de l'accord de libre-échange d'Agadir conclu entre le Maroc, l'Egypte, la Jordanie et la Tunisie.

  • Maroc Télécom reliera une fibre optique entre Laâyoune et Nouadhibou

    L'opérateur Maroc Télécom a entamé la mise en place d'une ligne de fibre optique entre Laâyoune, Dakhla et Nouadhibou, qui s'ajoute à celle qu'il a déjà réalisée entre cette ville et Nouakchott, prélude d'une liaison qui raccordera le Maroc à une vaste zone allant de la Mauritanie, au Mali et au Burkina Faso.

  • Oncf - Sncf : accord de 1,8 milliard d'euros

    L'Office national des chemins de fer (ONCF) a signé ce jeudi plusieurs accords avec la SNCF (France) pour un montant de 1,8 milliards d'euros en vue de la réalisation d'une ligne TGV entre Tanger et Casablanca.