La stratégie trouble d’une filiale de LVMH à Marrakech
Le groupe italien Nuti Ivo, fleuron du tannage pour le luxe, fait face à une crise de confiance à Marrakech. Tandis qu’il prévoit un investissement de 130 millions de dirhams, sa filiale historique Shihara accumule les dettes impayées.
L’acteur toscan Nuti Ivo traverse une période de turbulences au Maroc. Sa filiale historique, Shihara, implantée dans la zone industrielle de Sidi Ghanem à Marrakech, a été placée en redressement judiciaire. Cette procédure gèle temporairement les créances de plusieurs fournisseurs locaux qui réclament aujourd’hui le paiement de dizaines de millions de dirhams d’impayés. Cette défaillance financière fragilise l’image du groupe auprès de ses partenaires marocains, fait savoir Challenge.
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Ce naufrage financier contraste violemment avec les ambitions affichées par Nuti Ivo. Le groupe s’est engagé auprès de l’État marocain à investir plus de 130 millions de dirhams dans la création d’une nouvelle tannerie moderne. Ce site doit générer un chiffre d’affaires annuel de 300 millions de dirhams, dont 90 % destinés à l’exportation. À terme, l’unité prévoit la production de 11 500 peaux par jour et la création de 265 emplois directs.
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L’attitude de la firme italienne, passée sous le giron du géant mondial LVMH en 2024, suscite désormais l’incompréhension. Les observateurs s’interrogent sur l’opportunité de lancer cette nouvelle aventure sans avoir préalablement assaini la situation financière de Shihara. Ce paradoxe stratégique interroge sur la gestion du leader européen du tannage, qui privilégie de nouveaux investissements colossaux tout en laissant sa filiale historique en grande difficulté.