Maroc : Alsa poussé peu à peu vers la sortie
Longtemps maître incontesté du transport par bus dans les grandes villes du royaume, le groupe espagnol Alsa voit son hégémonie vaciller. L’ONCF, via sa filiale routière Supratours, remporte des marchés clés comme Marrakech, marquant un tournant vers une gestion plus nationale de la mobilité.
C’est un changement de donne brutal pour le groupe Alsa. Après avoir dominé sans partage le transport urbain des principales métropoles marocaines, l’opérateur espagnol vient de perdre l’exploitation des réseaux de Marrakech et d’Agadir. Ces revers profitent directement à un acteur local puissant : l’ONCF. Le groupe public des chemins de fer, déterminé à étendre son influence sur la mobilité urbaine, s’est imposé dans l’appel d’offres de la ville ocre via sa filiale Supratours, devançant la proposition d’Alsa lors de la phase finale, indique Expansion.
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Cette victoire illustre la volonté des autorités de reprendre la main sur un secteur stratégique. À Marrakech, Supratours exploitera désormais 67 lignes sur plus de 1 300 kilomètres, avec une flotte de 349 autobus destinés à absorber une demande annuelle de 37 millions de passagers-kilomètre. À Agadir, la situation est similaire : Alsa est écartée, laissant la place en finale à l’ONCF face à une autre alliance espagnole, Avanza et Autasa. Ce renouvellement des concessions s’inscrit dans une stratégie globale du ministère de l’Intérieur, dotée d’un budget de plus de 1,04 milliard d’euros, visant à acquérir plus de 3 700 nouveaux autobus et à moderniser les infrastructures.
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La domination d’Alsa, filiale de Mobico, commence donc à s’éroder sérieusement. Jusqu’à cette année, l’entreprise faisait figure de leader absolu avec 333 millions de voyageurs annuels, 6 000 employés et la gestion des réseaux de Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech et Agadir. Si le groupe conserve pour l’instant le contrat majeur de Casablanca, qui représente un milliard d’euros de volume d’affaires, la concurrence s’intensifie. Le réseau de Tanger doit lui aussi faire l’objet d’un appel d’offres prochainement.
Face à cette pression accrue au Maroc, Alsa cherche des relais de croissance au Moyen-Orient. Déjà présent en Arabie saoudite avec 27 lignes longue distance, le groupe a remporté cette année un contrat de 500 millions d’euros pour desservir le futur complexe de Qiddiya, près de Riyad, et se positionne pour le futur service de bus express de Médine.