Bus à Marrakech : la hausse des tarifs provoque la colère des usagers
L’augmentation d’un dirham passe mal alors que la société Supratours s’apprête à reprendre les rênes du transport urbain à Marrakech. Les habitants dénoncent une décision injustifiée face à l’état de délabrement des infrastructures.
C’est une pilule difficile à avaler pour les Marrakchis. Alors que la gestion du réseau de bus change de main, l’annonce d’une augmentation tarifaire d’un dirham a déclenché une levée de boucliers générale. Pour les usagers, cette hausse pèse directement sur le pouvoir d’achat des plus précaires et de la classe moyenne, sans offrir de contrepartie tangible sur la qualité du service.
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La critique se cristallise principalement sur l’état des infrastructures d’accueil. Les protestataires pointent du doigt des arrêts jugés « catastrophiques », souvent dépourvus de maintenance. Un acteur associatif local fustige un « manque de cohérence flagrant » : « une ville touristique mondiale de l’envergure de Marrakech aurait dû réhabiliter les arrêts et améliorer les infrastructures avant de penser à alourdir davantage la charge du citoyen par de nouvelles augmentations ».
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Le mécontentement a pris une tournure officielle avec l’intervention d’une association locale. Dans un communiqué au ton virulent, l’organisme exprime son « rejet ferme » de la mesure, dénonçant l’exclusion de la société civile du processus décisionnel et qualifiant la démarche de « non logique ».
Sur le terrain, le décalage est criant. Si la modernisation de la flotte est actée, les usagers continuent d’affronter la « souffrance de l’attente » sous le soleil ou la pluie, faute d’équipements adéquats. Pour les observateurs, la réforme du secteur nécessite désormais une « vision globale » et participative, bien au-delà d’un simple ajustement tarifaire.