Transport urbain à Marrakech : le géant espagnol Alsa éjecté après 26 ans de règne
Supratour récupère la gestion des bus à Marrakech. Ce changement marque la fin brutale de 26 ans de monopole pour l’espagnol Alsa, qui voit son empire s’effriter au Maroc après avoir déjà perdu le marché d’Agadir.
L’annonce est tombée vendredi matin. La société espagnole ALSA, filiale du groupe britannique Mobico, perd son marché historique au profit de Supratour, filiale de l’ONCF. Le dossier de l’opérateur national a convaincu les décideurs lors de la phase finale, validant son offre pour la gestion du transport urbain et semi-urbain de la ville ocre et de ses environs.
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Ce revers constitue un choc majeur pour l’opérateur étranger. Marrakech représentait sa porte d’entrée au Maroc en 1999, avant une expansion vers Agadir, Tanger, Khouribga, Rabat et Casablanca. La perte de ce bastion s’ajoute au départ confirmé d’Agadir et à l’incertitude qui plane sur Tanger, où le contrat expire à la fin de l’année. La perte simultanée de ces villes stratégiques sonne comme une sévère correction pour l’entreprise.
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Alberto Pérez, directeur général d’Alsa, avait préparé le terrain. Lors d’une réunion interne tenue il y a deux mois, il informait ses équipes de la perte imminente de deux grandes villes. La stratégie du groupe se replie désormais sur la préservation des acquis à Rabat et Casablanca, où l’entreprise tente de verrouiller sa gestion.
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L’image de la société s’est lourdement dégradée. Autrefois perçue comme une alternative de qualité, Alsa accumule aujourd’hui les critiques sur ses irrégularités. Une enquête récente du site Al3omk qualifiait la gestion du groupe de « pieuvre » responsable d’une hémorragie de devises et d’une hégémonie de la médiocrité. Ces rapports dénoncent le décalage entre les standards promis et la réalité du service offert aux usagers marocains.