Tanger, Marrakech, Casablanca : les jeunes commencent à étouffer sous le coût du logement
Pouvoir payer son logement devient plus difficile pour les jeunes dans les trois grandes villes marocaines étudiées. En un an, la proportion de ceux qui disent pouvoir assumer ces dépenses est passée de 68 % à 59 %. Tanger est la ville la plus sous pression.
Le constat est net. En 2026, seuls 59 % des jeunes interrogés à Casablanca, Marrakech et Tanger déclarent pouvoir assumer leurs dépenses de logement sans difficulté particulière. Ils étaient encore 68 % un an auparavant.
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Ces chiffres ressortent du rapport « Morocco : Socio-Economic Survey 2026 », publié le 13 juillet par l’Office fédéral autrichien pour l’immigration et l’asile. L’enquête a été menée entre janvier et mars auprès de 600 personnes âgées de 16 à 35 ans : 203 à Casablanca, 209 à Marrakech et 188 à Tanger.
La situation s’est surtout dégradée parmi ceux qui arrivent tout juste à boucler leur budget. Leur proportion est passée de 17 % en 2025 à 25 % cette année. À cela s’ajoutent 12 % des sondés qui disent éprouver de grandes difficultés à payer leur logement et 3 % qui n’y arrivent plus du tout.
Les dépenses prises en compte ne concernent pas seulement le loyer. Elles comprennent également l’électricité, l’eau et les autres frais liés au logement.
À Tanger, seulement 52 % s’en sortent sans difficulté
C’est à Tanger que la pression apparaît la plus forte. Seulement 52 % des jeunes interrogés disent pouvoir payer leurs dépenses de logement sans difficulté, contre 58 % à Marrakech et 67 % à Casablanca.
À Tanger, 30 % expliquent désormais parvenir tout juste à couvrir ces dépenses. Ils sont 25 % à Marrakech et 20 % à Casablanca.
La ville du détroit compte également 15 % de jeunes déclarant avoir beaucoup de difficultés à payer leur logement, contre 11 % à Marrakech et à Casablanca. Marrakech affiche en revanche la proportion la plus élevée de personnes disant ne plus pouvoir du tout faire face à ces dépenses : 5 %, contre 3 % à Tanger.
Le logement se distingue d’autant plus que d’autres indicateurs de l’enquête évoluent dans le sens inverse. La proportion des ménages interrogés affirmant disposer de suffisamment d’argent pour acheter de la nourriture est passée de 67 % à 70 % en un an. L’accès permanent à l’eau potable progresse également, de 90 % à 93 %.
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L’étude ne permet toutefois pas d’étendre ces résultats à l’ensemble des jeunes Marocains. Elle porte uniquement sur 600 personnes de 16 à 35 ans vivant à Casablanca, Marrakech et Tanger. Elle met néanmoins en évidence une dégradation marquée de leur capacité à faire face aux dépenses de logement en seulement un an.