Taux de participation en deçà des attentes

- 01h37 - Maroc - Ecrit par : L.A

Quinze millions de Marocains étaient conviés aux urnes vendredi pour renouveler le parlement, où le principal parti islamiste légal, qui a fait campagne sur le thème de la lutte contre la corruption, devrait selon toute vraisemblance renforcer sa présence. 41% seulement se sont déplacés !

Les bureaux de vote, restés ouverts pendant 11 heures ont fermé à l’heure prévue, 19h, a indiqué le ministère de l’Intérieur. La participation était de 34% à 18h et à l’heure de clôture du scrutin, le taux final devait s’élever aux alentours de 41%, en deçà des attentes du gouvernement, a déclaré à la presse le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, ajoutant que le processus de vote avait été libre et équitable.

Des bidonvilles du grand port atlantique de Casablanca aux villages sahariens écrasés de chaleur, les sujets du roi Mohamed VI avaient le choix entre les représentants de 33 partis et des dizaines de candidats indépendants pour pourvoir les 325 sièges de la Chambre des représentants.

"Le Maroc, comme tout autre Etat musulman, se doit de choisir l’islam. Aucun des autres partis n’a fait quoi que ce soit pour nous", a confié une jeune ingénieur, Ali Sounari, après avoir voté à Rabat en faveur du Parti pour la justice et le développement.

En favorisant l’éparpillement des voix, le système électoral complexe en vigueur au Maroc rend pratiquement impossible à un seul parti de disposer à la Chambre d’une majorité absolue et le roi devrait charger le nouveau Premier ministre de former une nouvelle coalition.

La coalition sortante est dominée par les deux principaux parti laïques, l’USFP et l’Isiqlal, qui disposaient respectivement de 50 and 48 sièges, mais les islamistes modérés du PJD espèrent doubler leur représentation actuelle de 42 sièges.

"Nous déciderons plus tard."

"Je n’ai pas confiance dans les islamistes"

"Nous allons gagner. Le PJD sera le premier parti. Nous sommes confiants que le scrutin sera honnête et transparent", a confié aux journalistes son chef, Saad Eddine Othmani, en déposant son bulletin dans l’urne à Salé, la ville jumelle de Rabat et fief traditionnel de l’islamisme.

Prié de préciser ses intentions au cas où ses prédictions s’avéreraient, ce médecin de 51 ans au visage émacié garni d’une barbe discrète élude la question : "Nous déciderons plus tard."

Mohamed VI est libre de choisir qui il veut pour former le prochain gouvernement, indépendamment de l’issue du scrutin. Le programme du PJD insiste sur le respect des valeurs familiales traditionnelles et la moralisation de la vie publique, un message qui rencontre un profond écho dans les banlieues déshéritées du royaume. La classe politique libérale a tenté de contrer l’ascension du PJD en l’associant à l’extrémisme islamique dont les attentats se sont récemment multipliés dans le royaume.

"Je n’ai pas confiance dans les islamistes", confie Djamal Sellaoui, un architecte de 31 ans qui a voté à gauche pour barrer la route aux islamistes. "L’expérience des islamistes en politique est un échec et n’a provoqué qu’effusions de sang et chaos dans la plupart des pays musulmans", explique-t-il. Nombre de "laïques" n’en voient pas moins dans le PJD le meilleur rempart contre le radicalisme musulman.

Quelle que soient les résultats du scrutin, qui seront connus avant dimanche soir, ils ne modifieront pas en profondeur une société profondément traditionaliste où, bien qu’affichant son modernisme, le roi veille à conserver ses pouvoirs politiques et religieux étendus.

Reuters - Lamine Ghanmi

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