Taxé depuis Taïwan, cet industriel va produire au Maroc pour vendre en Europe
L’industriel taïwanais Froch construit au Maroc une usine de 90 000 m² destinée principalement au marché européen. Les quotas et les droits de douane appliqués aux exportations venant de Taïwan ont pesé dans ce choix. La production doit commencer début 2027.
Le fabricant de tubes en acier inoxydable Froch Enterprise prépare une implantation industrielle de grande ampleur au Maroc. Le chantier couvre un terrain d’environ 90 000 mètres carrés et les premiers essais de production sont attendus au quatrième trimestre 2026.
La commercialisation doit débuter au premier trimestre 2027. Dans sa phase initiale, l’usine disposera d’une capacité mensuelle de 2 000 tonnes de tubes en acier inoxydable, principalement destinés à l’industrie et à la construction.
Le groupe taïwanais ne considère pas cette unité comme une simple implantation secondaire. Une fois pleinement opérationnelle, elle pourrait représenter entre 15 % et 20 % de son chiffre d’affaires mondial. L’essentiel de la production réalisée au Maroc sera exporté vers l’Europe.
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Ce choix répond d’abord à une logique douanière. Dans sa présentation officielle aux investisseurs du 25 août 2026, Froch confirme la construction de son usine marocaine et souligne le durcissement des quotas et des droits de douane européens.
L’Union européenne limite en effet les volumes d’acier pouvant entrer sous certains contingents. Lorsque les quotas applicables sont épuisés, les importations supplémentaires peuvent être soumises à des droits de douane élevés.
Le groupe estime qu’une production implantée au Maroc pourra bénéficier de conditions commerciales plus favorables, sous réserve de respecter les règles d’origine et les critères européens. Froch évoque un contingent européen non attribué à un pays précis, supérieur à 10 000 tonnes. Les produits fabriqués au Maroc pourraient y accéder sans droit additionnel, dans la limite des volumes disponibles et sous réserve du respect des règles d’origine.
Cette stratégie rejoint celle d’autres groupes asiatiques qui utilisent le Maroc comme plateforme industrielle pour franchir plus facilement les barrières commerciales occidentales. La proximité géographique permet également de réduire les délais de livraison vers les clients européens.
Une usine marocaine tournée vers l’Europe
Froch approvisionne déjà plusieurs entreprises européennes, mais ses produits sont actuellement expédiés depuis ses unités asiatiques. L’usine marocaine doit raccourcir cette chaîne logistique tout en limitant l’exposition du groupe aux mesures européennes visant directement les importations taïwanaises.
L’entreprise ne cherche donc pas à échapper illégalement aux taxes. Elle déplace une partie de sa production au Maroc afin d’utiliser les accords commerciaux et les contingents auxquels les produits fabriqués dans le Royaume peuvent prétendre lorsqu’ils remplissent les conditions requises.
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Le calendrier a toutefois pris environ trois mois de retard. Froch attribue ce décalage à des ajustements dans l’installation des équipements et assure qu’aucune difficulté majeure ne menace le projet.
Cette arrivée intervient alors que les secteurs du fer et de l’acier sont également concernés par la nouvelle taxe carbone européenne et ses conséquences pour l’industrie marocaine. La compétitivité de l’usine dépendra donc à la fois de son accès douanier au marché européen et de sa capacité à maîtriser l’empreinte carbone de sa production.
Pour le Maroc, le projet apporte surtout une nouvelle confirmation de son rôle de base industrielle à proximité immédiate de l’Union européenne. Pour Froch, produire dans le Royaume permet de transformer une contrainte commerciale européenne en avantage logistique et douanier.