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Tourcoing : un bébé de trois mois poignardé par son père

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16 avril 2003 - 11h34 - Maroc - Par:

LE père, auteur présumé du meurtre de sa petite fille de trois mois, commis lundi, vers 13 h 40, rue Charles-Wattinne à Tourcoing, était toujours entendu, hier, par les enquêteurs du commissariat de Tourcoing. L’homme s’était spontanément constitué prisonnier après son geste meurtrier.

Son épouse, terriblement choquée, a dû être hospitalisée. Les policiers pourront peut-être faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles est survenu ce drame. Ce ressortissant marocain, âgé de 34 ans, avait connu celle qui allait devenir sa femme en 1999, au Maroc. Il attendait la régularisation de ses papiers. Sa femme ayant manifesté son désir de divorcer, il aurait alors complètement disjoncté, pour en arriver à cette tragique extrémité.
Peut-être craignait-il de perdre ainsi la chance d’obtenir la nationalité française. A-t-il agi sous le coup de la fureur, ou son geste était-il prémédité ?
L’enquête de police permettra de le déterminer. Toujours est-il qu’il n’y avait pas de couteau dans la salle de bain, quand il s’est enfermé avec l’enfant.
La petite Sarah a reçu vingt-trois coups de couteau au thorax et dans le dos.
La multitude de coups portés témoigne d’un réel acharnement et peut aussi conforter la thèse d’un « coup de sang ».
Réputé irascible
Dans le voisinage, l’homme n’avait pas bonne presse. Le matin du drame, il avait bousculé et poussé dans l’escalier, un ouvrier qui travaillait dans le hall de son immeuble. Il trouvait que l’homme faisait trop de bruit et que cela risquait de réveiller sa fille. L’ouvrier est d’ailleurs allé porter plainte au commissariat de Tourcoing, en compagnie de son patron.
D’autres voisins évoquent le souvenir d’un homme souvent emporté. « Il a crevé plusieurs pneus de motos et arraché des étiquettes et des affiches.
Il lançait parfois des insultes antisémites », témoigne un commerçant installé face à son habitation. « On voyait qu’il avait un sérieux problème. A la fin, on essayait de ne plus faire attention à lui quand il passait », ajoute le concessionnaire.
D’aucuns le dépeignent comme quelqu’un passant rapidement d’un état calme à la colère. C’est ce qui expliquerait l’expertise psychiatrique dont il a fait l’objet hier, durant sa garde à vue.
L’auteur présumé devrait être présenté aujourd’hui devant le juge d’instruction.
Il pourrait être mis en examen pour meurtre ou pour assassinat, si la préméditation était retenue. A moins qu’il ne soit reconnu non responsable de ses actes.
François FLOURENS pour la voix du nord

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