Un troisième procès, mais aucune seconde chance sur les meurtres : la situation de Mohamed Aberouz
La Cour de cassation ordonne un troisième procès de Mohamed Lamine Aberouz. Le Franco-Marocain ne sera toutefois pas rejugé pour le double assassinat de Magnanville : sa culpabilité sur ce volet est définitive et sa condamnation à perpétuité reste applicable.
La décision rendue mercredi 23 septembre ne remet pas à zéro le dossier de Mohamed Lamine Aberouz. La Cour de cassation a annulé une partie seulement de l’arrêt qui l’avait condamné en appel, le 25 juin 2025, à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans.
L’annulation porte sur sa complicité dans la séquestration du fils de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, âgé de trois ans au moment de l’attentat. La haute juridiction a relevé une discordance entre la feuille des questions soumise à la cour d’assises et la motivation écrite de la décision.
Les condamnations de Mohamed Aberouz pour complicité dans les assassinats du couple et association de malfaiteurs terroriste restent, elles, définitives. Le prochain procès ne pourra donc pas réexaminer sa culpabilité pour le double meurtre, rapporte Le Parisien.
La perpétuité avec 22 ans de sûreté continue également de s’appliquer. La nouvelle cour d’assises devra toutefois statuer sur le volet annulé et prononcer une peine tenant compte de sa décision.
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Mohamed Aberouz avait déjà été condamné à cette même peine en première instance, en octobre 2023, puis en appel en juin 2025. L’accusation s’appuyait notamment sur une trace ADN retrouvée sur le repose-poignet de l’ordinateur des victimes pour établir sa présence dans leur maison.
Un troisième procès limité à la séquestration de l’enfant
Le 13 juin 2016, le djihadiste Larossi Abballa avait assassiné le commandant de police Jean-Baptiste Salvaing devant son domicile de Magnanville, dans les Yvelines. Il avait ensuite tué sa compagne Jessica Schneider, fonctionnaire de police, à l’intérieur de la maison.
Leur fils de trois ans était resté retenu dans le pavillon pendant plusieurs heures. Les policiers du Raid l’avaient retrouvé vivant après avoir abattu Larossi Abballa. Pour les juges, Mohamed Aberouz avait participé à la préparation de l’attaque et se trouvait sur les lieux, ce qu’il a toujours nié.
Ses avocats, Vincent Brengarth et Nino Arnaud, qualifient la cassation partielle de décision « extrêmement rare ». Ils entendent profiter du nouveau procès pour contester une nouvelle fois la présence de leur client dans la maison. La culpabilité de Mohamed Aberouz dans les assassinats ne pourra cependant plus être juridiquement remise en cause.
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Le troisième procès se tiendra devant une cour d’assises spéciale de Paris autrement composée. Sa date n’a pas encore été fixée. Les débats porteront sur la séquestration de l’enfant et sur la peine à prononcer après l’annulation de ce chef de condamnation.