TV5 : "Bleu bazar", un pont méditerranéen

- 08h51 - Maroc - Ecrit par : L.A

Paul Germain lance "Bleu bazar" (TV5, 18h35), magazine mensuel consacré aux peuples de Méditerranée. Format : 52 minutes. Contenu : reportages, invité, débat, musique et gastro. Objectif : informer pour contribuer au dialogue.

Le combat que tu as envie de mener ici, en France, mène-le chez toi !" C’est sûrement l’une des phrases les plus marquantes du premier numéro de la nouvelle émission que lance Paul Germain sur TV5, loin des propos convenus. Objectif de "Bleu bazar"H H (TV5, 18h35) : sur le fossé qui les sépare, jeter des ponts entre Nord et Sud pour qu’ils se comprennent mieux et dialoguent davantage.

Après une série d’émissions ponctuelles consacrées pendant un an et demi à des thèmes similaires (une jeunesse entre deux rives, une civilisation entre deux rives, les femmes en Méditerranée...), l’ancien journaliste de la RTBF avait exprimé le souhait de décrocher un format plus régulier. C’est chose faite. Son nouveau concept, enregistré à Marseille dans une ancienne manufacture reconvertie en espace culturel (La Friche), reviendra une fois par mois.

"Nous sommes très vigilants pour éviter de tomber dans le travers du donneur de leçon du Nord au Sud , insiste le rédacteur en chef et coprésentateur de l’émission. Yasmine Chami (NdlR : anthropologue marocaine) qui est à mes côtés est le regard du Sud. A plusieurs reprises, elle a corrigé des options trop compatissantes, par exemple. Certes, c’est très inconfortable de se mettre ainsi en question. Et c’est source de nombreuses frictions. Mais c’est ce que nous avons choisi de faire pour le bien du projet."

Le premier thème décliné dans ce premier numéro est l’eau. Deux reportages (consacrés au prix de l’eau au Maroc depuis la privatisation et à l’avancée du désert) l’illustrent avec rythme et beaucoup d’humanité. Les témoignages abondent, rendant les sujets abordés très concrets. Les paradoxes ont des visages. Ainsi, l’eau fait rêver Abel Hakim. Depuis que le château d’eau a été installé dans sa bourgade désertique, tous les rêves sont permis, comme créer une coopérative ou développer l’écotourisme. En revanche, Mustapha, lui, ne rêve plus. Depuis la privatisation de l’eau, prendre une douche tous les jours chez lui, à Rabat, lui coûterait la moitié de son salaire !

Des images aussi magnifiques qu’inquiétantes illustrent le second reportage aquatique. Si le Jourdain continue à s’appauvrir au rythme actuel, la mer Morte qu’il alimente aura disparu d’ici 2050. Sur plusieurs tronçons, d’ailleurs, le fleuve est quasiment à sec. L’eau est pompée par Israël. A d’autres endroits, les eaux usées de villages s’y déversent. Des vues rarement diffusées !

Fort délicatement aussi, les journalistes de TV5 collectent les histoires des Palestiniens des territoires occupés où 75 pc de l’eau est consommée par Israël. "Personne ne peu vivre sans eau !", explique entre autres Maha, femme d’agriculteur.

Un point de vue que relaie sans langue de bois l’expert invité sur le plateau : Ricardo Petrella, fondateur du Comité mondial de l’eau.

Le ton est volontairement décontracté. "Notre pari est de toucher un public plus jeune que celui habituel des documentaires", avoue encore Paul Germain. C’est notamment la raison des intermèdes musicaux (le chanteur Akli D. révélé par Manu Chao se produit en live). Dans le même ordre d’idées, sans doute, une rubrique gastro (portant, ce coup-ci, sur l’olivier et son huile). On peut dire que la sauce prend assez bien. Ce qui pourrait, sans doute, élargir le public touché par les thèmes complexes qui sont développés.

Après les reportages sur l’eau, un débat est lancé sur l’immigration : rêve ou cauchemar ? Où l’on voit une jeune fille de Casablanca confesser son rêve de vivre en Europe. "J’aurai plus de liberté qu’au Maroc" , déclare-t-elle, immédiatement contredite par les autres jeunes invités sur le plateau. Par l’anthropologue, aussi, chargée de décrypter la discussion. Avec des propos qui, s’ils étaient sortis de la bouche de quelqu’un d’autre, auraient tout de suite été taxés de racisme, Yasmine Chami n’a pas hésité à lui dire de développer ses rêves chez elle. Pas courant...

Le deuxième volet de "Bleu Bazar", programmé pour le 10 avril, s’intitulera "Méditerranée, espace ouvert". Puis, en mai, il sera question de cinéma méditerranéen, à quelques jours de l’ouverture du Festival de Cannes.

La Libre - Monique Baus

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