Vendue à 9 ans et réduite en esclavage : Nada Itrab réclame 300 000 euros
Enlevée à neuf ans et réduite en esclavage en Bolivie, Nada Itrab, aujourd’hui étudiante en droit d’origine marocaine, brise le silence pour dénoncer les défaillances de sa protection et militer contre la traite mondiale des mineurs.
En août 2013, cette enfant résidant en Catalogne a été emmenée vers la Bolivie par un voisin, Grover Morales, sous prétexte d’un voyage de récompense scolaire. Durant neuf mois, elle a subi des abus répétés et a été forcée de travailler dans des plantations de coca au cœur de la jungle, sous la menace constante de violences physiques.
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Son calvaire a pris fin en mars 2014 grâce à une opération d’envergure menée par la Guardia Civil espagnole et les autorités boliviennes. Localisée dans un village reculé du parc national de Carrasco, elle a été secourue par hélicoptère après que son ravisseur a été capturé par des agriculteurs locaux.
À son retour en Espagne, la jeune fille a été placée dans des centres d’accueil avant d’être restituée à ses parents à l’âge de 14 ans, malgré la condamnation de ces derniers pour négligence. Elle a grandi dans la précarité à L’Hospitalet de Llobregat, luttant contre la dépression et l’insécurité liée à son statut de sans-papiers.
Justice et résilience de Nada Itrab en Espagne
Désormais âgée de 21 ans en ce début d’année 2026, Nada Itrab a entamé une procédure judiciaire contre le gouvernement régional catalan. Elle réclame 300 000 euros de dommages et intérêts pour faute grave, pointant les défaillances des services sociaux durant son adolescence et l’absence de régularisation de son séjour.
Soutenue par la journaliste Neus Sala, elle transforme son traumatisme en un engagement public. Inspirée par des figures comme Malala Yousafzai ou Nadia Murad, elle multiplie les interventions médiatiques pour sensibiliser l’opinion et offrir un soutien aux victimes de réseaux de traite à travers le monde.
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Malgré les séquelles psychologiques de son enlèvement, la jeune femme poursuit ses études en droit et relations internationales. Son ravisseur est décédé en prison après avoir été condamné à 17 ans de réclusion, laissant derrière lui une survivante déterminée à faire de son histoire un levier de changement législatif global.