Barcelone : un Marocain enferme son épouse pendant quatre mois parce qu’il « n’aimait pas sa cuisine »

- 09h00 - Espagne - Ecrit par : Bladi.net

Ce devait être le début d’une vie commune après un mariage célébré au Maroc, mais l’installation en Espagne a viré au cauchemar à huis clos. Un homme a été condamné à Barcelone pour avoir séquestré son épouse pendant quatre mois, la contraignant à vivre dans le noir complet et sous les coups.

Le tribunal de Sant Feliu de Llobregat a sanctionné une maltraitance habituelle installée dès le début de la cohabitation, le 30 juin dernier. L’époux, âgé de 45 ans, a imposé un isolement total à sa femme dans leur logement de Corbera de Llobregat, lui interdisant de sortir et l’obligeant à garder les volets baissés en permanence. Ce climat d’enfermement s’accompagnait de violences physiques et verbales continues. L’homme l’a frappée et insultée à plusieurs reprises, utilisant parfois des prétextes futiles comme la qualité des repas préparés, et allant jusqu’à l’agresser par derrière ou lui refuser l’accès aux soins médicaux.

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Le calvaire a pris fin grâce à une alerte lancée par la victime elle-même. Le 14 novembre, elle est parvenue à contacter la messagerie des services sociaux locaux pour demander conseil. L’interruption brutale de la communication a inquiété les responsables, qui ont immédiatement prévenu les Mossos d’Esquadra. Une intervention conjointe de la police au domicile conjugal a permis de recueillir son témoignage, menant à l’arrestation du mari quatre jours plus tard pour violence de genre et détention illégale.

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Jugé en comparution immédiate, l’accusé a reconnu les faits et accepté la peine requise par le ministère public. La justice l’a condamné à quatorze mois de prison pour maltraitance et coercitions, assortis de 44 jours de travaux d’intérêt général. Il lui est interdit d’approcher la victime ou de communiquer avec elle, ainsi que de détenir une arme.

N’ayant pas d’antécédents judiciaires, l’homme échappe toutefois à l’incarcération. Sa peine de prison a été suspendue pour deux ans, à condition qu’il ne récidive pas et qu’il suive un stage de sensibilisation à l’égalité et à la non-discrimination.