Plus votre voiture pollue, plus elle pourrait vous coûter cher au Maroc
Le Maroc élabore un système de bonus-malus destiné à favoriser les véhicules propres et à renchérir l’achat des modèles les plus polluants. Aucun barème ni calendrier d’application n’a toutefois encore été arrêté.
Le ministère du Transport et de la Logistique travaille actuellement à l’élaboration de ce dispositif, confirme une étude publiée le 21 septembre par la GIZ. Le rapport a été préparé avec le soutien du ministère et de l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA).
Le principe consiste à accorder un avantage à l’achat des véhicules les moins polluants et à appliquer, en contrepartie, une pénalité aux modèles émettant davantage de CO₂. Le mécanisme devrait ainsi orienter le choix des automobilistes en modifiant directement le prix payé lors de l’acquisition.
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Le bonus-malus figure depuis plusieurs années dans les engagements climatiques du Maroc. Déjà inscrit dans la contribution climatique déposée en 2021, il a été maintenu dans la nouvelle feuille de route transmise aux Nations unies en septembre 2025.
Son potentiel de réduction est estimé à 3,29 millions de tonnes de CO₂ entre 2026 et 2035. Le rapport précise toutefois qu’il s’agit d’une mesure conditionnelle, dont la réalisation dépend d’un soutien financier et d’un accompagnement internationaux.
Le barème reste entièrement à définir
À ce stade, aucun montant n’est annoncé. L’étude ne précise ni la valeur du bonus accordé aux véhicules propres, ni celle du malus imposé aux modèles les plus émetteurs. Les seuils de CO₂ et la date d’entrée en vigueur restent également inconnus.
Impossible, par conséquent, de déterminer combien l’acheteur d’une voiture thermique pourrait payer en supplément ou quelle aide serait accordée pour l’acquisition d’un modèle électrique ou hybride.
Le projet intervient alors que le Maroc ne dispose toujours pas de normes obligatoires de performance énergétique ou d’émissions de CO₂ pour les voitures particulières et les utilitaires légers neufs. Aucun étiquetage n’informe non plus systématiquement les acheteurs de la consommation et des émissions des différents modèles.
La GIZ recommande donc d’accompagner le bonus-malus d’un étiquetage énergétique, de normes de performance applicables aux véhicules neufs et d’un développement plus rapide des bornes de recharge. Elle préconise également d’évaluer les conséquences sociales de ces mesures et de prévoir des aides pour les ménages et les professionnels du transport.
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Cette réforme accompagnerait la progression rapide des véhicules électriques et hybrides sur le marché marocain. Elle ferait surtout entrer la transition automobile dans une nouvelle phase : les émissions d’un véhicule pourraient désormais avoir une incidence directe sur son prix d’achat.
La mise en œuvre nécessitera encore un accord avec le ministère de l’Économie et des Finances, en raison de ses conséquences fiscales et budgétaires. Pour l’heure, seul le principe est confirmé : le ministère du Transport prépare bien le dispositif, mais ses modalités restent à construire.