Vols France-Maroc : les aéroports français alertent sur un risque de suppressions de lignes
Les aéroports français redoutent de nouvelles suppressions de lignes après les hausses fiscales prévues dans le budget 2027. L’alerte concerne les dessertes régionales, dont certaines permettent aux Marocains de France de rejoindre le royaume sans passer par les grandes plateformes.
Le projet de loi de finances présenté le 1er octobre provoque la colère des gestionnaires d’aéroports. « On est sidérés », déclare leur représentant Thomas Juin au Monde. Le président de l’Union des aéroports français (UAF) attendait au moins une pause fiscale après la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion entrée en vigueur en 2025.
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Le nouveau budget prévoit deux mesures supplémentaires. Le taux maximal de la taxe sur l’exploitation des grandes infrastructures de transport passerait de 4,6 % à 12,2 %. Pour les petits aéroports régionaux, le plafond du tarif destiné à financer la sûreté et la sécurité serait relevé de 20 à 22 euros par passager, précise l’UAF dans son communiqué du 2 octobre.
Ces prélèvements touchent des acteurs différents, mais les gestionnaires craignent qu’ils fragilisent davantage l’économie des lignes. Les compagnies à bas coût peuvent déplacer leurs avions vers d’autres pays lorsque les recettes d’une desserte ne compensent plus suffisamment ses charges.
Ryanair avait déjà invoqué la fiscalité française en juillet 2025 pour annoncer une réduction de 13 % de ses capacités hivernales, la suppression de 750 000 sièges et l’annulation de 25 lignes. Son retrait de Strasbourg concernait notamment Agadir, une liaison que Volotea avait ensuite décidé de reprendre.
À Clermont-Ferrand, les familles ont déjà perdu leur vol vers Fès
Pour les voyageurs vers le Maroc, ces arbitrages ont des conséquences concrètes. Depuis le départ de Ryanair de Clermont-Ferrand en mars 2026, la liaison directe avec Fès a disparu. Des familles marocaines d’Auvergne doivent désormais rejoindre Lyon ou Toulouse, ou choisir un trajet par bateau.
La suppression avait suscité une pétition dépassant un millier de signatures. Une famille interrogée par Radio Scoop expliquait être passée de quatre voyages annuels au Maroc à un seul. Le trajet jusqu’à un autre aéroport ajoute des dépenses et plusieurs heures de déplacement au prix du billet.
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Le traitement réservé à Strasbourg accentue leur colère. Le budget prévoit une exonération de taxe de solidarité pour préserver sa desserte face aux aéroports voisins. L’UAF demande que les autres territoires bénéficient de la même attention et réclame l’abandon de la hausse du tarif de sûreté et de sécurité.