Le premier parc éolien en mer du Maroc se prépare au large d’Essaouira

- 23h00 - Maroc - Ecrit par : Farid Laamoudi

Le projet du premier parc éolien en mer du Maroc franchit une nouvelle étape. Un consortium international vient d’être chargé d’étudier pendant deux ans sa faisabilité, avec une attention particulière portée à la côte atlantique située près d’Essaouira.

La Banque européenne d’investissement (BEI) a confié cette mission à un consortium mené par OWC, cabinet spécialisé dans les énergies renouvelables et l’ingénierie éolienne offshore.

Le projet est soutenu par l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen). Selon l’annonce publiée par OWC, les études porteront principalement sur la possibilité d’installer le futur parc au large d’Essaouira.

Le consortium réunit plusieurs spécialistes européens et marocains des activités maritimes, de l’environnement, du vent et de l’ingénierie. Il comprend notamment PHENIXA, Gaïa Terre Bleue, NOVEC et SOFECO.

La présence de ces deux dernières entreprises doit permettre d’intégrer les particularités du réseau électrique, de la réglementation et des infrastructures marocaines dès les premières étapes du projet.

La mission doit durer deux ans. Elle est financée par le Fonds fiduciaire de la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat, dans le cadre d’un contrat conclu avec la BEI.

Le vent, les fonds marins et les ports seront étudiés

Les experts devront tout d’abord sélectionner le site le plus approprié. Une campagne de mesures météorologiques permettra d’évaluer la force, la régularité et le rendement potentiel des vents au large de la côte atlantique.

Le consortium devra ensuite proposer une première conception du parc éolien. Les caractéristiques des fonds marins, les risques techniques, la chaîne d’approvisionnement et les conditions d’installation des éoliennes feront partie des éléments examinés.

Les ports marocains seront également étudiés. L’installation d’éoliennes en mer nécessite en effet des infrastructures capables d’accueillir des composants particulièrement volumineux ainsi que des navires spécialisés dans leur transport et leur assemblage.

L’étude devra aussi déterminer comment l’électricité produite pourrait être injectée dans le réseau marocain. Elle comprendra une analyse de l’impact du futur parc sur ce réseau, ainsi qu’un examen du cadre réglementaire et des conséquences environnementales et sociales du projet.

Pour Hakim Mouslim, directeur régional d’OWC pour l’Europe et l’Afrique, cette mission constitue une étape importante dans le développement des énergies renouvelables au Maroc et sur le continent africain. Le consortium accompagnera la BEI et Masen dans les domaines allant de l’analyse du marché à la géoscience, en passant par la conception du parc et la logistique maritime.

Cette démarche avait commencé en 2022. La BEI avait alors accordé une subvention de deux millions d’euros à Masen pour évaluer le potentiel éolien maritime du Maroc et préparer un éventuel premier projet pilote.