En faillite aux États-Unis, Marelli entraîne son usine de Tanger dans sa restructuration
Sous la protection de la loi américaine sur les faillites depuis juin 2025, Marelli prépare son passage sous le contrôle de ses créanciers. L’opération concerne directement le Maroc : sa filiale installée dans la zone franche de Tanger figure dans le groupe repris par les fonds gérés par Strategic Value Partners.
Le changement de propriétaire de Marelli arrive devant les autorités marocaines. Le Conseil de la concurrence a reçu la notification d’un projet permettant à des fonds d’investissement gérés indirectement par l’américain Strategic Value Partners (SVP) de prendre le contrôle exclusif de Marelli Corporation.
Le document publié jeudi 3 septembre cite explicitement la filiale marocaine parmi les sociétés appartenant au groupe concerné par l’opération.
« Marelli Morocco SARL » est une société de droit marocain établie dans la zone franche de Tanger, précise le Conseil de la concurrence.
Il ne s’agit donc pas d’une vente séparée de l’usine marocaine. La filiale tangéroise suivra sa maison mère dans la nouvelle structure contrôlée par les fonds de SVP, si l’ensemble des autorisations nécessaires est obtenu.
Le régulateur marocain examine l’opération au titre du marché de l’éclairage automobile. Les entreprises ou personnes intéressées disposent de dix jours à compter de la publication du communiqué, soit jusqu’au 14 septembre, pour transmettre leurs observations.
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Marelli est implanté depuis plusieurs années dans le nord du Maroc. L’équipementier y fabrique des composants automobiles, même si son organisation industrielle a déjà connu plusieurs réaménagements. En 2023, Marelli avait notamment décidé de transférer une chaîne de production de Tanger vers la France.
1,1 milliard de dollars pour maintenir Marelli à flot
Ce changement de contrôle est la conséquence directe des difficultés financières rencontrées par le groupe.
Le 11 juin 2025, Marelli avait demandé à bénéficier du Chapter 11 devant le tribunal américain des faillites du Delaware. Cette procédure permet à une entreprise très endettée de poursuivre ses activités pendant qu’elle réorganise ses finances sous le contrôle de la justice.
Marelli avait alors obtenu de ses créanciers un engagement de financement pouvant atteindre 1,1 milliard de dollars. Cette somme devait lui permettre de maintenir ses activités, de payer ses salariés et ses fournisseurs et de continuer à livrer les constructeurs automobiles pendant la procédure.
En contrepartie, les créanciers apportant ce financement devaient devenir propriétaires de l’entreprise lors de sa sortie du Chapter 11. Une période de 45 jours avait été ouverte afin de permettre à un autre investisseur de déposer une offre supérieure.
Cette procédure s’est terminée le 28 juillet 2025 sans qu’une proposition concurrente soit retenue. Marelli a alors confirmé qu’il poursuivrait sa restructuration avec ses principaux créanciers.
La notification marocaine permet désormais d’identifier plus précisément les futurs propriétaires : des fonds d’investissement gérés indirectement par Strategic Value Partners doivent prendre le contrôle exclusif de Marelli Corporation.
SVP, dont le siège se trouve à Greenwich, dans le Connecticut, est spécialisé dans les entreprises en difficulté, la dette et les restructurations financières. Le groupe faisait déjà partie des principaux créanciers de Marelli.
Le transfert n’est cependant pas encore définitif. Le plan doit franchir les dernières étapes de la procédure américaine et obtenir les autorisations réglementaires dans les pays où Marelli est présent.
C’est dans ce contexte que le dossier a été transmis au Conseil de la concurrence marocain.
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La notification ne contient aucune annonce de fermeture, de suppression d’emplois ou de réduction de la production à Tanger. Elle ne garantit pas non plus que l’activité du site restera inchangée après la restructuration.
Elle établit seulement que Marelli Morocco fait partie du périmètre repris avec le groupe et doit donc changer de propriétaire en même temps que lui.
Cette opération intervient alors que Tanger continue d’attirer de nouveaux équipementiers désireux de produire au Maroc pour servir les constructeurs automobiles et le marché européen.
Le cas de Marelli est toutefois différent. Il ne s’agit pas d’une nouvelle implantation, mais du passage d’un industriel déjà présent au Maroc sous le contrôle de fonds spécialisés dans les entreprises en restructuration.
Si l’opération est définitivement autorisée, l’usine de Tanger quittera donc le giron de l’ancien propriétaire de Marelli pour rejoindre celui des fonds gérés par Strategic Value Partners.