« Ils ont peur du Maroc » : Podemos sème le doute sur Pedro Sánchez

- 22h00 - Espagne - Ecrit par : Betty de G.

La dirigeante de Podemos, Ione Belarra, accuse le gouvernement espagnol d’avoir « peur » du Maroc. Elle insinue que Rabat détient peut-être des informations sensibles sur Pedro Sánchez, sans toutefois apporter le moindre élément pour étayer cette accusation.

Ione Belarra a lancé cette accusation samedi à Madrid, lors d’une réunion du Conseil citoyen de Podemos. La secrétaire générale du parti s’en est prise à la gestion par le gouvernement espagnol de la crise migratoire à Ceuta.

« Ils ont peur du Maroc et ne veulent pas rompre leurs relations avec un pays totalitaire qui viole les droits humains », a-t-elle déclaré, selon l’agence EFE.

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La responsable politique est ensuite allée beaucoup plus loin. Selon elle, le Maroc détient « peut-être trop d’informations sur le président » espagnol. Elle suggère que cette situation expliquerait la prudence de Madrid envers Rabat et sa volonté de préserver leur coopération migratoire.

Ceuta transformée en « prison à ciel ouvert »

La dirigeante de Podemos accuse également le gouvernement de Pedro Sánchez d’avoir transformé Ceuta en « une grande prison à ciel ouvert » et de « creuser sa propre tombe » par peur de dégrader ses relations avec le Maroc.

Elle reproche à Madrid de laisser Rabat accomplir « le travail le plus violent et le plus sale aux frontières ». Ione Belarra affirme par ailleurs que plus de 180 personnes ont perdu la vie cet été en tentant de rejoindre l’Espagne et dénonce le sort des victimes qui n’ont toujours pas été identifiées.

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Cette attaque intervient alors que la responsabilité du Maroc dans les passages massifs du 30 juillet continue de diviser la classe politique espagnole. Pedro Sánchez a récemment reconnu que les forces marocaines avaient laissé passer les migrants pendant environ dix heures, tout en affirmant qu’aucune preuve ne permettait d’accuser Rabat d’avoir organisé l’arrivée de plus de 70 000 personnes à Ceuta.

Le chef du gouvernement espagnol continue ainsi de défendre la coopération avec le Maroc, qu’il juge indispensable pour contrôler la frontière et organiser le retour des migrants. Pour Ione Belarra, cette prudence cacherait une véritable peur de Rabat. Une accusation particulièrement lourde, mais qui reste à ce stade totalement dépourvue de preuves.