« Sebta n’est ni espagnole ni européenne » : une eurodéputée italienne provoque un tollé en Espagne

- 10h00 - Monde - Ecrit par : Said A.

L’eurodéputée italienne Ilaria Salis a contesté devant le Parlement européen l’appartenance de Sebta à l’Espagne et à l’Union européenne. Elle considère la ville comme un « vestige du colonialisme européen ».

« Sebta n’est pas l’Espagne. Sebta n’est pas l’Europe. » Ilaria Salis a prononcé ces mots mardi 15 septembre devant le Parlement européen, lors d’un débat consacré à la crise migratoire dans la ville.

« Géographiquement, c’est l’Afrique et, historiquement, c’est un vestige du colonialisme européen », a poursuivi l’élue italienne, dont l’intervention a été relayée par Telecinco.

Membre du groupe de gauche The Left, Ilaria Salis estime que l’analyse de la crise doit partir de cette situation géographique et historique. Elle a également accusé une partie de la droite européenne d’utiliser les événements survenus à Sebta comme une opération de « propagande raciste et nationaliste ».

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L’eurodéputée a ensuite diffusé elle-même la vidéo de son intervention, accompagnée d’un message affirmant que « quelqu’un devait bien le dire » dans un débat qui lui paraissait encore dominé par une vision coloniale.

Ses déclarations ont immédiatement provoqué une polémique en Espagne. Plusieurs médias et responsables politiques ont dénoncé une remise en cause directe de la souveraineté espagnole. La présence de Salis au sein du même groupe européen que des formations espagnoles comme Podemos et Sumar a également alimenté les attaques contre la gauche espagnole.

Le Parlement européen adopte la position inverse

Le texte a été approuvé par 339 voix contre 225, avec 16 abstentions. Il a obtenu le soutien du Parti populaire européen, de Renew Europe et des groupes de droite et d’extrême droite, tandis que la gauche a voté contre, rapporte RTVE.

La résolution, qui n’est pas juridiquement contraignante, qualifie les événements des 30 et 31 juillet d’« invasion » et d’« attaque hybride ». Elle demande également au Maroc de respecter la souveraineté espagnole et d’assumer ses responsabilités en matière de contrôle frontalier, après que 72 000 passages ont été comptabilisés depuis le territoire marocain.

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait elle aussi pris le contre-pied de Salis en déclarant que « Sebta est l’Espagne » et « Sebta est l’Europe ». En l’espace de quarante-huit heures, l’enclave a ainsi été qualifiée de vestige colonial par une eurodéputée, avant de recevoir le soutien explicite de la majorité du Parlement européen.