Le tunnel Maroc–Espagne passe au test des roches : de l’argent frais pour préparer le forage

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

L’Espagne prépare une nouvelle étude pour analyser 125 échantillons rocheux prélevés sous le détroit de Gibraltar. Les résultats devront identifier les obstacles qu’une future machine de forage rencontrerait entre les deux pays.

La Société espagnole d’études pour la communication fixe à travers le détroit de Gibraltar (SECEGSA) a approuvé le 3 septembre les documents techniques et administratifs d’un nouveau marché consacré au projet de tunnel ferroviaire entre le Maroc et l’Espagne.

Le contrat est évalué à 132 200 euros hors taxes, soit précisément 159 962 euros TTC. Il doit permettre d’étudier pendant six mois les roches extraites lors de précédents sondages marins, révèle Vozpópuli.

La société publique espagnole prévoit de recourir à une procédure négociée sans publicité. L’Université de Salamanque est pressentie pour obtenir le marché, car elle disposerait déjà de la base de données et de la méthodologie nécessaires. L’attribution définitive n’a cependant pas encore été annoncée.

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Au total, environ 125 échantillons issus des campagnes réalisées par SECEGSA et son homologue marocaine, la Société nationale d’études du détroit de Gibraltar, seront examinés. Leur composition minéralogique et géochimique devra être déterminée, ainsi que leur résistance, leur capacité de déformation et leur abrasivité.

Les experts rechercheront notamment des failles, des fractures, des altérations et des minéraux argileux expansifs. Ces caractéristiques pourraient compliquer le travail d’un tunnelier, accélérer l’usure de ses équipements ou rendre certaines parties du tracé plus difficiles à stabiliser. Bladi avait déjà détaillé le « cauchemar » géologique auquel se heurte le projet.

Une étude pour anticiper les difficultés du tunnelier

La nouvelle étude ne porte donc pas sur la faisabilité générale du tunnel, déjà examinée par le constructeur allemand Herrenknecht, mais sur les risques précis que présenterait le terrain pendant son creusement.

Le calendrier prévoit six mois d’analyses, puis deux mois supplémentaires pour la vérification et la correction des résultats. Les conclusions devront être directement utilisables pour préparer la future galerie de reconnaissance, un premier tunnel exploratoire destiné à mieux connaître le sous-sol avant la construction éventuelle des deux tubes ferroviaires définitifs.

Cette nouvelle dépense porte à plus de 9,6 millions d’euros les sommes transférées par le ministère espagnol des Transports à SECEGSA depuis 2022. Pour la seule année 2026, la société publique a reçu 1,73 million d’euros afin de financer son fonctionnement et les travaux préparatoires.

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Madrid poursuit ainsi le projet malgré la crise provoquée cet été à Sebta. Les tensions politiques avec Rabat n’ont pas interrompu la coopération technique entre les deux sociétés chargées d’étudier la liaison fixe sous le détroit.

Le projet envisagé atteindrait environ 65 kilomètres, dont près de 40 kilomètres en territoire espagnol. Son coût dépasserait 8,5 milliards d’euros pour la seule partie prise en charge par l’Espagne. La mise en service ne serait pas envisageable avant 2035 à 2040.

Le Maroc et l’Espagne devraient prendre en 2027 une décision sur le lancement d’un premier tunnel exploratoire. Avant ce choix, les 125 échantillons devront révéler si les roches du détroit peuvent réellement supporter l’un des chantiers ferroviaires les plus complexes au monde.