A propos du carnage de Madrid : Le terrorisme international,

- 21h53 - Espagne - Ecrit par :

A propos du carnage de Madrid : Le terrorisme international, un impensable qu’il faut penser, un non sens auquel il faut répondre par du sens

• (Par Abdelkrim El-Mouss) -

Rabat, 15/03/04- Le carnage monstrueux de Madrid interpelle de nouveau la communauté internationale sur le terrorisme qu’il faut combattre sans relâche, sur la résolution de ses commanditaires qu’il faut briser sans ménagement.

Avide de sang, de larmes et de destructions, cette nébuleuse de la mort a de nouveau frappé au coeur de la capitale espagnole. Nul besoin de rappeler ce déluge de chiffres macabres de morts et de blessés, cette liste affolante car le problème dans sa réelle dimension est beaucoup plus grave. C’est l’âme de la communauté internationale tout entière qui est aujourd’hui en berne.

Hier c’était aux Etats-Unis avec la triste et douloureuse journée du 11 Septembre. Le monde entier y a suivi et vécu l’horreur et la terreur, le feu et le sang, puis c’est au tour de Bali en Indonésie, puis à Casablanca et aujourd’hui à Madrid. Et demain ce sera où ? puisqu’il y a malheureusement risque pour qu’il y ait un demain et un surlendemain. Les hommes aux commandes de cette machine infernale ne semblent pas à bout de souffle.

C’est un impensable qu’il faut penser, et un non sens auquel il faut répondre par du sens.

A le déchiffrer par petits bouts, on se rend compte que ce fléau qu’est le terrorisme international n’a ni nationalité, ni frontière, ni religion. Il frappe à l’aveuglette, ne ménage pas les hommes selon leur identité, leur couleur ou leur appartenance religieuse, sème le désordre, la panique et les destructions dans tous les pays abstraction faite de leur zone géographique.

Sa tactique est partout la même : attaquer en une seule meute par des actions minutées. Son objectif est toujours le même : faire le maximum de victimes, affoler la population, ouvrir pour ses commanditaires un vaste boulevard médiatique à travers la presse internationale.

Tel un chancre, il ronge aujourd’hui plusieurs régions du monde, et prend de plus en plus une dimension planétaire qui risque à terme, de donner lieu à une spirale de violence sans fin. Or tout acte de violence quelle qu’en soit la nature ou l’origine, est condamnable, et tout argumentaire tendant à le justifier et irrecevable.

Que faire ? il est vrai qu’on pourrait rétorquer en guise de réponse à cette question, que rien n’indique que la communauté internationale ait infléchi sa résolution de combattre le terrorisme international, et que son action dans ce sens est en cours. Soit ! mais a-t-on tout d’abord bien ciblé la cible ? a-t-on jeté le coup d’oeil qui perce au delà du mur des suppositions et des apparences ? il semble bien que sur ce volet qui ouvre pourtant tous les autres, le réflexe s’est souvent substitué à la réflexion.

Dans bien des cas, on a même versé avec une rapidité déconcertante dans la xénophobie, et du coup, on a déployé un voile épais sur la réalité tant recherchée alors que chaque acte de violence requiert un travail d’investigation approfondi pour déceler le vrai du faux et prendre les véritables mensurations de ce fléau du siècle.

S’épargner cet effort, c’est élargir la marge de manoeuvre des terroristes et entretenir le terreau sur lequel ils fleurissent. S’épargner cet effort conduit à s’aventurer dans des culpabilisations collectives, à adopter des approches bellicistes, à réfléchir selon la logique d’entonnoir qui a poussé bien des analystes et pas des moindres, à soupçonner derrière chaque musulman l’existence d’un terroriste. Ne sont-ils pas allés encore plus loin pour parler d’un imaginaire "choc entre les civilisations" comme si l’humanité est devenue subitement folle.

Assez ! cette approche n’a guère de noyau rationnel et le bruit des bombes ne doit pas obstruer notre sens du réel. Les terroristes, cette poignée d’individus de toutes les religions et de toutes les nationalités, ne doivent pas nous déstabiliser jusque dans nos esprits, jusque dans notre raisonnement, jusque dans la communion avérée de nos civilisations.

Les mondes musulman et chrétien ont vécu aujourd’hui avec une égale douleur la tragédie de Madrid, comme ils ont vécu hier celle de New York et de Washington.

Ils ont témoigné la même compassion et crié la même révolte à la vue de ce sang qui a coulé à flot à Madrid. Leurs populations s’inclinent en rangs serrés devant la mémoire de ces victimes, prient pour les blessés et veulent bien réconforter les familles des uns et des autres.

Le terrorisme international restera une menace toujours pendante aussi longtemps que nous ne l’aurons pas cerné dans ses origines et dans ses motivations, aussi longtemps que nous n’aurons pas répudié les thèses qui ont manifestement du plomb dans l’aile, aussi longtemps que nous mettons les seules appartenances religieuses dans le balancier de l’analyse, aussi longtemps que nous bridons nous même notre intelligence.

A l’activisme guerrier des terroristes, la communauté internationale doit opposer avant tout une ferme aptitude à l’engagement, une intensité redoublée dans la recherche du juste et du mieux être pour tous, une propension à la négation de l’exclusion et de la précarité, une volonté délibérée de soutenir et d’assister.

Ne sont-ils pas là les fondements mêmes de nos civilisations chrétienne et musulmane ? N’est-ce pas là la meilleure thérapie pour que les graines du mal ne germent plus à une cadence inquiétante ? N’est-ce pas là le sens profond de la "démarche globale" développée par SM le Roi pour lutter contre ce fléau et qui tend à l’autopsier pour mieux le maîtriser ?

Pour ce faire, la communauté internationale doit se mobiliser pour assécher tout réservoir de haine où qu’il se trouve, pour meubler l’imaginaire général de données réelles et non de suppositions ou d’idées préconçues, et enfin pour inciter les peuples et les nations à vivre leur différence dans une indifférence positive qui nous conduira à crier en choeur : NON AU TERRORISME.

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