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Khouribga/Affaire Jeniffer : "Il n’y a pas de séquestration ni de mariage blanc"

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6 octobre 2008 - 23h43 - Maroc - Par: L.A

Nadia Moumen est rentrée de son séjour au Maroc le 20 septembre dernier. Et elle est en colère. D’abord parce que son appartement angoumoisin a été vidé de ses écrans plasma et de ses équipements hi-fi et électroménagers et que sa Golf stationnée dans la rue a disparu « le jeudi 18, à 19 h ». « C’est la voisine qui a vu deux jeunes partir avec la voiture qui a été retrouvée endommagée à Saint-Yrieix. C’est forcément des gens qui connaissaient les lieux. Et il n’y en a pas beaucoup », lâche-t-elle.

Elle est en colère aussi, parce qu’en allant porter plainte au commissariat, elle a reçu une convocation pour s’expliquer, le lendemain sur « l’affaire Jennifer », cette jeune femme de 23 ans, son ancienne copine de lycée qu’elle avait emmenée en vacances au Maroc et qui, après une « libération » par la police judiciaire de Casablanca et un rapatriement mouvementé, a porté plainte pour séquestration. La conséquence, affirme Jennifer, de son refus d’épouser, en un mariage qu’elle qualifie de « blanc », le beau-frère de Nadia.

« Ce ne sont que des mensonges », s’insurge la jeune femme. « J’ai tout expliqué à la police, avec des preuves, des photos. J’aimerais bien être en vacances trois semaines et séquestrée trois jours quand je n’ai plus d’argent pour rentrer », ironise-t-elle. D’ailleurs, précise la jeune femme, « j’ai appelé le procureur ». « Il m’a dit que le dossier était classé. Alors, j’ai porté plainte à mon tour contre Jennifer. »

C’est sans doute aller un peu vite en besogne. Jennifer devra sans doute être entendue à nouveau par la police tant il y a de divergences entre les déclarations. Et Nicolas Jaquet, le procureur, confirme que l’information judiciaire ouverte pour séquestration et violences est toujours en cours, que « les investigations se poursuivent ». « Il nous reste des auditions à recueillir. On s’est d’ailleurs rapprochés des autorités marocaines », précise-t-il.

« J’ai porté plainte contre elles »

N’empêche. Nadia Moumen campe sur ses positions avec véhémence. Non, persiste-t-elle, elle n’a séquestré personne dans la maison de sa belle-famille, à l’écart de Khourigba. Non, elle n’a pas voulu arranger de mariage blanc avec son beau-frère Mustapha. « C’est une fille qui était bien. Il a eu pitié de sa petite. Quand il lui a proposé les fiançailles, elle a souri. Elle a dit oui. »

C’est en tout cas ainsi que Nadia l’interprète. « Et puis elle a commencé à demander des cadeaux. Pour qu’ils se connaissent, elle m’a même demandé de les laisser sortir tous les deux en ville. » Même si, reconnaît-elle, son beau-frère ne parle pas ou très peu le français. « Ce n’est que lorsqu’elle a dit non que j’ai repris les cadeaux. »

Pour Nadia Moumen, rien que de très normal. Elle a offert des vacances à une copine qui aurait fait un caprice, qui aurait voulu rentrer en France prématurément, « alors que moi, qui suis manager d’artistes au Maroc, j’avais encore du travail, des difficultés avec le passeport d’un de mes artistes ».

C’est tout. Pas de mariage blanc, pas de séquestration. Juste le choc des cultures. « Je ne pouvais pas l’emmener dans des maisons où il n’y avait que des hommes pour qu’elle fume sa clope et qu’elle demande à aller au restaurant en plein ramadan. Mais ce n’était que les trois deniers jours. »

De retour à Angoulême, Nadia se pose en victime. « J’ai porté plainte contre Jennifer et contre sa mère » pour dénonciation calomnieuse et faux témoignage. Elle dit aussi qu’elle n’est pas loin de penser que le cambriolage de l’appartement où elle vit avec son mari Rachid et leurs deux enfants pourrait être lié à l’histoire.

Elle dit qu’elle est déçue. « Quand je suis arrivée dans le quartier [NDLR : de L’Houmeau, où vit aussi Jennifer] et que l’on a repris contact, elle était dans une situation difficile. Je l’ai aidée. Elle venait manger tous les soirs à la maison ». Aidée au point de lui payer passeport et vacances. « Elle était sympa. »

Plus maintenant. Plus depuis qu’elle aurait inventé toute cette histoire de séquestration. Mais au fait, pourquoi ? « Je n’en sais rien », affirme Nadia. Qui se reprend. « En fait, elle est jalouse de moi. J’ai galéré quand j’étais jeune, et d’un coup j’ai tout. Des choses qu’elle n’a pas. »

Source : Charente Libre - Jean-François Barré

Mots clés: Faits divers , Otages , Khouribga

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