Rabia Dhamna, femme et mère entre deux cultures

- 18h01 - Maroc - Ecrit par : L.A

Marocaine d’origine, Rabia Dhamna a grandi dans la cité Champagne. Enfant, elle avait décidé de devenir une vraie petite française. L’amour lui a fait renoncer à son idéal de femme libre. Elle a, depuis, appris à aimer « son Maroc natal ».

A 43 ans, Rabia Dhamna a vidé en partie sa « hotte de malheurs » lourde de vingt années de souffrance. « Il m’aura fallu tout ce temps pour y parvenir », explique-t-elle.

Au final, une libération, « comme un accouchement » pour cette mère de famille qui confie que maintenant « sa douleur n’est plus la même ». Elle affiche désormais sa fierté d’avoir gagné la bataille.
Elle dit tenir sa revanche, enfin, sur sa famille, sa belle-famille et… sur cet homme qu’elle aime et qui est à l’origine de ses vingt-cinq ans de souffrances.

Par amour pour un jeune Marocain, Rabia a bouleversé toute son existence jusqu’à risquer d’y perdre son âme. Ce parcours, elle le raconte dans un livre intitulé « J’aime maman, mais je ne sais pas l’écrire »

L’ouvrage retrace l’amour d’une femme pour un homme, à en perdre la raison. Des sentiments, pas seulement des mots. Une histoire vraie, douloureuse, authentique. Un cheminement parfois difficile à saisir pour qui n’a pas connu semblable attachement pour l’autre.

Rabia est lucide. Elle a parfaitement conscience qu’il est parfois difficile de la suivre dans son raisonnement. Pour que leur amour puisse vivre, à 19 ans, jeune bachelière rêvant jusqu’alors d’épouser la condition de femme libre, elle a défié ses parents, bravé les interdits, parcouru des kilomètres en France et au Maroc. Elle avait besoin pour vivre de le sentir respirer à son coté : « On aime qu’une fois comme cela dans sa vie ».

« A la vie à la mort » car pour lui elle a tout fait et aurait été même au-delà s’il lui avait demandé. « J’étais toujours au bord du gouffre. J’aurai pu déraper très vite », analyse-t-elle avec recul, mais sans regrets.

Pour vivre avec celui qu’elle aime, Rabia est allée jusqu’au bout. Cela n’étonne ni son frère Ali dont elle parle dans le livre, ni son amie d’enfance Fatima Bendif, elle aussi d’origine marocaine. Les deux femmes sont restées éloignées pendant vingt ans, mais au premier coup de fil, elles ont retrouvé une amitié intacte.

Fatima a lu le livre : « Rabia est très lucide sur sa situation, mais elle a été happée ». Rabia évoque cette période de sa vie où, pour ne pas être éloignée de lui, elle a mis de côté ses trois enfants, dont deux souffrent de handicap. Fatima l’écoute raconter. « Elle a été une femme amante avant d’une femme mère », confie-t-elle.

Aujourd’hui, Rabia ne vit que pour ses enfants avec lesquels elle discute beaucoup. Elle est omniprésente pour eux. Comme si ce trop plein d’amour pouvait combler le vide affectif de sa propre enfance.

Elle vit toujours avec le père de ses enfants. Aujourd’hui, elle n’a pas plus peur qu’il la quitte. Ses sentiments pour lui ont évolué, mais Rabia affirme qu’elle ne le quittera pas. Elle veut faire avec lui encore un bout de chemin. Impossible à expliquer. Difficile à argumenter.

Rabia a déjà en tête la suite de ce premier ouvrage, car elle n’a pas tout livré de ce qu’elle a fait par amour pour lui. Alléger la « hotte à malheurs » encore un peu. Dire la douleur du corps en souffrance.

Source : L’Union - Graziella Basile

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