Les agriculteurs américains appellent le Maroc à l’aide
Les agriculteurs américains se mobilisent pour le phosphate marocain. Dans une lettre adressée au département du Commerce, des dizaines d’associations agricoles réclament l’annulation des taxes douanières sur les engrais importés du Maroc, jugées ruineuses pour leur secteur.
Plus de quarante organisations agricoles américaines ont interpellé le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, le 20 mars 2026. Elles exigent la révocation des droits compensateurs frappant les importations de phosphate en provenance du Maroc et de Russie. Les signataires, représentant notamment les producteurs de maïs, de blé et de soja, estiment que ces barrières douanières aggravent dangereusement la situation économique des exploitants locaux.
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Les professionnels rappellent que les États-Unis ne disposent pas de réserves suffisantes pour répondre à la demande nationale. Les importations, notamment marocaines, sont donc absolument vitales pour combler ce déficit structurel et garantir de bonnes récoltes. Les signataires soulignent que restreindre l’accès à ces approvisionnements alternatifs provoque une pénurie artificielle qui fait mécaniquement exploser les prix.
Ce maintien des droits de douane favorise un oligopole dévastateur sur le marché intérieur. La lettre dénonce la mainmise de deux puissantes entreprises américaines qui restreignent délibérément l’offre pour dicter leurs tarifs, alors même que l’un de leurs dirigeants perçoit près de 10 millions de dollars de rémunération annuelle. Cette situation asphyxie les agriculteurs, dont les dépenses en engrais ont englouti jusqu’à 40 % de leurs coûts de fonctionnement en 2025.
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Signe que le marché est à bout de souffle, même certains acteurs industriels locaux réclament un changement de cap. Nutrien, le troisième plus grand producteur américain, a officiellement demandé la suppression de ces droits début mars. L’entreprise justifie cette position par l’évolution de la dynamique mondiale et l’urgence de soutenir la productivité des agriculteurs américains face à la crise.