Pourquoi les étudiants américains délaissent le Golfe pour le Maroc

- 06h00 - Monde - Ecrit par : P. A

L’escalade des tensions entre Israël et l’Iran bouleverse le paysage universitaire au Moyen-Orient. Face aux risques croissants, les universités américaines et leurs campus délocalisés déploient des mesures d’urgence, tandis que le Maroc s’affirme comme la principale destination des étudiants américains dans la région.

Les récents développements militaires ont contraint de nombreux établissements à activer leurs plans de contingence. Le 8 mars, la chute de débris d’un missile iranien intercepté a endommagé un bâtiment universitaire à Bahreïn. Au Qatar, les étudiants résidant à l’Education City de Doha, qui abrite plusieurs campus américains (Texas A&M, Georgetown, Northwestern…), ont été temporairement évacués par précaution. La Fondation du Qatar a depuis basculé l’ensemble de ses enseignements en distanciel, comme le rapporte University World News.

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Aux Émirats arabes unis, qui comptent trois universités américaines, les autorités ont anticipé les vacances de printemps. Cette décision fait suite à des incidents préoccupants, notamment à la New York University d’Abu Dhabi, où les étudiants ont dû se confiner après la chute de missiles à quelques kilomètres du campus. Face à ces menaces, le Département d’État américain a appelé ses ressortissants à quitter quinze pays de la région en raison de « graves risques pour la sécurité ».

Le Maroc, un havre de paix privilégié pour la mobilité étudiante

Malgré ce climat anxiogène, la mobilité étudiante américaine vers le monde arabe se poursuit, en se concentrant sur les zones perçues comme les plus sûres. Selon les données de l’Institute of International Education pour la période 2023-2024, le Maroc se hisse largement en tête des destinations prisées par les étudiants en provenance des États-Unis.

Le royaume accueille ainsi 1 223 étudiants américains, devançant les Émirats arabes unis (1 072) et la Jordanie (484). Ce chiffre contraste fortement avec d’autres pays de la région, tels que l’Égypte (223), Oman (70) ou le Qatar (74), et démontre l’attractivité et la stabilité du modèle marocain aux yeux des institutions académiques outre-Atlantique.

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Si les universités historiquement implantées au Moyen-Orient, comme l’Université américaine de Beyrouth ou celle du Caire, disposent d’une longue expérience dans la gestion des crises, l’escalade actuelle menace leur attractivité. Comme le souligne Philip Altbach, professeur émérite au Boston College, la persistance de ce conflit, conjuguée aux politiques migratoires de l’administration américaine, risque de porter un coup sérieux au soft power universitaire des États-Unis dans la région.