Agriculture : le Maroc profite d’une Espagne qui manque d’eau

- 15h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

La sécheresse et les restrictions d’irrigation affaiblissent la rentabilité agricole du sud de l’Espagne. Dans le même temps, le Maroc renforce ses positions sur le marché européen des tomates, des agrumes et des fruits rouges.

Le changement climatique redessine progressivement la carte mondiale des fruits et légumes. En Méditerranée, le sud de l’Espagne subit des sécheresses récurrentes, des restrictions d’irrigation et une hausse des coûts qui pèsent sur les marges des producteurs.

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Les volumes espagnols restent importants, mais leur rentabilité se dégrade dans plusieurs filières, notamment les agrumes, les légumes et les fruits rouges. Les exploitants doivent investir davantage dans l’irrigation, l’assurance, la protection contre les intempéries et la conservation des récoltes.

Selon EastFruit, le Maroc figure, avec l’Égypte, parmi les pays qui ont le plus renforcé leur compétitivité agricole au cours des cinq dernières années.

Le Maroc gagne du terrain en Europe

Le Royaume progresse particulièrement dans les tomates, les fruits rouges et les agrumes. Sa proximité avec l’Union européenne, ses coûts de production compétitifs, ses infrastructures logistiques et son orientation vers l’exportation lui permettent de mieux répondre à la demande européenne.

Les investissements réalisés dans l’irrigation, les cultures protégées et les chaînes logistiques ont également consolidé les positions marocaines. Les exportations de tomates et de myrtilles vers l’Europe continuent ainsi de progresser.

Cette évolution ne signifie pas que l’Espagne cesse d’être un grand producteur. Elle montre plutôt que la rareté de l’eau et la hausse des charges réduisent progressivement son avantage économique, tandis que de nouveaux concurrents gagnent en efficacité et en parts de marché.

L’eau peut aussi freiner le Maroc

L’avantage marocain reste toutefois fragile. Le pays subit lui aussi une pression croissante sur ses ressources hydriques, alors que les fruits et légumes destinés à l’exportation dépendent fortement d’une irrigation régulière.

À long terme, la compétitivité du Maroc reposera donc moins sur la disponibilité des terres que sur sa capacité à produire davantage avec chaque mètre cube d’eau. Les exploitations disposant d’une irrigation sécurisée, de serres et de technologies permettant de limiter les pertes seront les mieux placées.

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Dans cette nouvelle bataille agricole, le Maroc avance face à une Espagne fragilisée par la sécheresse. Mais le véritable gagnant sera celui qui utilisera l’eau de la manière la plus efficace.