Ahmed Herzenni sur la sellette

- 21h25 - Maroc - Ecrit par : L.A

Sale temps pour Ahmed Herzenni. Le Président du Conseil consultatif des Droits de l’Homme (CCDH) ne fait plus l’unanimité. Son action ainsi que ses discours sont contestés par les associations de défense des droits de l’Homme et les victimes des années de plomb.

Dans une lettre ouverte, l’Association des Victimes de 20 juin 1981 regrette que Ahmed Herzenni refuse de les recevoir pour discuter de nombreux dossiers en suspens concernant les victimes de juin 1981 qui, pour la plupart, n’ont pas encore reçu des dédommagements financiers et moraux. Créée en mars 2004, cette ONG regroupe les familles et les victimes des soulèvements sanglants de Casablanca qui ont fait des dizaines de morts et de blessés, ainsi que des prisonniers et des disparus.

Cette ONG est soutenue par l’Association marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), qui ne cache plus ses divergences avec le CCDH.
Les déclarations de Ahmed Herzenni à l’émission Hiwar, sur la première chaîne de télévision nationale, y sont pour quelque chose. Beaucoup jugent que l’aveu en direct du militant de gauche sur sa connaissance des projets terroristes du réseau Belliraj était déplacé, voir incompréhensible. Mais, pas seulement. Son discours sur l’évolution des droits de l’Homme dérange aussi. Ahmed Herzenni répète à qui veut bien l’entendre que les progrès réalisés sont à applaudir même s’il y a toujours des écarts. Et, pour l’avenir ? Une question, apparemment, pas à l’ordre du jour. Une attitude qui n’est pas vraiment du goût de l’AMDH.

À la première session du Conseil des droits de l’Homme, ouverte le 7 avril 2008 à Genève, l’AMDH n’a pas mâché ses mots pour exposer les graves violations encore perpétrées au Maroc.

Excuses

L’Organisation marocaine des Droits de l’Homme (OMDH) n’y est pas allée de main morte, non plus. Cet organisme relève que la torture reste une pratique courante entraînant, dans certains cas, des décès. Et ce n’est pas pour arranger les affaires de Ahmed Herzenni que le Forum Vérite et Justice (FVJ) fustige dans une missive destinée aux membres du CCDH la gestion des recommandations de l’Instance équité et réconciliation (IER). « Déjà loin de répondre aux attentes des victimes (…), ces recommandations n’ont même pas été traduites sur le terrain. Il est clair que nous sommes en train de faire du surplace, quand nous ne reculons pas sur certains acquis. »

Parmi les points qui dérangent les responsables du FVJ, la lecture qu’a faite Ahmed Herzenni au sujet des excuses. Pour lui, en déclenchant le processus de réparation des victimes, l’Etat s’est excusé de fait alors que, selon le FVJ, la finalité des excuses est que les crimes ne se reproduisent plus.

Pour sa défense, Ahmed Herzenni se contente de rester optimiste. À un quotidien marocain, il confie que l’objectif du CCDH pour l’année 2008 est d’achever les recommandations de l’IER. Difficile de succéder à un charismatique Driss Benzekri.

Source : Maroc Hebdo - Loubna Bernichi

  • L'UE soutient un "plan d'action" marocain des droits de l'homme

    Le Maroc et l'Union européenne (UE) ont lancé conjointement vendredi à Rabat le processus de mise en oeuvre d'un "Plan d'action" en matière de démocratie et de droits de l'homme, en application de la Déclaration de Vienne adoptée par 171 Etats en 1993. L'UE a débloqué une somme de deux millions d'euros en soutien au programme marocain, a indiqué Bruno Dethomas, représentant de l'UE à Rabat.

  • Rabat interdit la publication de témoignages sur les Années de plomb

    La justice marocaine a ordonné, jeudi 19 juin, à un quotidien de stopper la publication de témoignages en rapport avec la dure répression politique qui a sévit pendant les "années de plomb" (1960-1999) sous le règne d'Hassan II, a-t-on appris de source judiciaire.

  • Affaire Belliraj : Herzenni et Moatassim savaient !

    Une autre énigme s'ajoute à la mystérieuse affaire Belliraj. Ahmed Herzenni, président du CCDH, vient de révéler que Moàtassim, aujourd'hui en détention préventive, lui avait parlé en 2005 d'un projet terroriste...

  • Herzenni récidive dans la censure

    Le président du Conseil consultatif des droits de l'homme a menacé, cette semaine, l'hebdomadaire arabophone Al Hayat de poursuites judiciaires s'il ne mettait pas fin à la publication de témoignages auprès de l'IER, restés jusque là confidentiels.

  • Les survivants des attentats de Casablanca souffrent de mort lente

    Ils ont échappé au trépas mais les 35 miraculés des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca meurent à petit feu : durement touchés dans leur chair, ils ont perdu leur emploi et n'ont reçu aucune indemnité de l'Etat.

  • Le CCDH porte plainte contre "Al Jarida Al Oula"

    Au siège du quotidien « Jarida Al Oula », c'est la fièvre qui précède le bouclage. Sauf que ce mardi 10 juin est une journée particulière. Le directeur de cette nouvelle publication, Ali Anouzla, est cité à comparaître ce mercredi matin dans une plainte déposée contre lui par le président du Conseil consultatif des droits de l'Homme. Motif de la plainte en référé examinée ce matin par le tribunal de première instance de Rabat : la publication des déclarations faites par de grands témoins écoutés par les membres de l'Instance Equité et Réconciliation.

  • Conseil supérieur de l'immigration : Le CCDH donne son avis au Roi

    Le Conseil consultatif des droits de l'Homme a tenu, vendredi 26 octobre, la 28e session du Conseil. A l'ordre du jour, l'adoption d'un avis consultatif relatif à la création du conseil supérieur des Marocains de l'étranger. L'avis consultatif devait être transmis au Souverain par le CCDH le vendredi 26 octobre au terme d'une réflexion menée par un groupe de travail thématique entamé depuis près d'une année.

  • Mustapha Hormatallah entame une grève de la faim

    C'est plus clair que jamais. La liberté d'expression au Maroc laisse trop de points de suspension. Dès qu'une affaire s'achève, une autre reprend. Toujours sous les verrous, Mustapha Hormatallah, journaliste à l'hebdomadaire Al-Watan Al-An, entame une grève de la faim du 2 au 4 mai courant pour protester contre son emprisonnement jugé d'« injuste ».

  • Un avis consultatif du CCME sur l'immigration

    À travers le Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger (CCME), le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH) s'apprête à émettre un avis consultatif destiné au Souverain.

  • IER : Le geste de l'UE

    Les recommandations de l'IER au sujet de la réhabilitation des régions victimes des années de plomb sont entrées en vigueur.