Ahmed Marzouki

28 octobre 2005 - 23h22 - Ecrivains - Ecrit par : Bladi.net

Il est né en 1947 à Bouâjoul, près de Ghafsai sur les pentes du Rif. Il était élève sous-officier à l’école d’Ahermoumou lorsque lui et ses camarades ont été aiguillés vers Skhirat en pensant aller à Benslimane pour y exécuter des manœuvres....Voyage au fond de l’absurde, c’est un coup d’État contre le roi que ses supérieurs avaient préparé. L’aventure finit par un séjour de 18 ans au bagne de Tazmamart dont il fait le récit dans Tazmamart, cellule 10 (Paris-Méditerranée, 2001).

« Dès le retour de l’auteur dans son village natal, le pacha l’a impudemment enjoint d’être discret et de se faire le complice de ceux-là mêmes qui l’avaient torturé pendant dix-huit ans en rendant hommage aux "bienveillantes autorités qui ont fini par faire triompher le bien sur le mal". Devant son refus, les tracas et les intimidations se sont multipliés jusqu’à l’empêcher de gagner sa vie comme avocat. En 1999, l’arrivée de Mohammed VI au pouvoir, le limogeage du ministre Driss Basri ont amorcé un changement. En 2000, des indemnités ont été versées, une cérémonie autorisée à la porte de la caserne. En janvier 2001, on a restitué à Ahmed Marzouki son passeport. » Jean Clamour, Lire, mars 2001

« Le livre de Marzouki a été publié après moult péripéties. Alors que les survivants de Tazmamart sont libérés en 1991, Ahmed Marzouki tente de publier son témoignage dès 1995. Pour l’en empêcher, les autorités l’enlèvent à nouveau et l’interrogent pendant trente-six heures. En octobre 2000, une première commémoration est célébrée à Tazmamart. Au moins six journalistes assiègent Marzouki pour l’"aider à rédiger" ses mémoires. En Janvier 2001, le livre sort, mais Marzouki est toujours privé de passeport, jusqu’au 16 Janvier où un passeport lui a été délivré par la préfecture de Salé. » Marocculture.com

« L’écrire aura néanmoins été une indispensable thérapie. Ahmed a beau vivre chaque nouveau jour comme une chance, cette "seconde naissance" n’est pas sans douleur. Sans ressources, les "tazmamartiens" ne peuvent se soigner quand leurs bilans de santé sont catastrophiques. Les indemnisations promises ne viennent pas. Trois ans après leur libération, ils finissent par obtenir une pension mensuelle de 5 000 dirhams (2 900 F). Ils devront s’en contenter jusqu’en... octobre 2000 où ils reçoivent finalement le prix, fixé on ne sait trop comment, d’une vie interrompue : 1,66 million de francs. Dans le Maroc du début des années 90, ils se sentent incompris d’une société qui ne voit en eux que des militaires régicides. (...) À Salé, le quartier populaire de Rabat où il vit, Ahmed s’est plongé dans la traduction arabe de Cellule 10 "pour que le plus de Marocains possible sachent". » Extrait du portrait de José Garçon, pour Libération (France), 8 mai 2001.

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