Ahmed Marzouki

- 23h22 - Ecrivains - Ecrit par : Bladi.net

Il est né en 1947 à Bouâjoul, près de Ghafsai sur les pentes du Rif. Il était élève sous-officier à l’école d’Ahermoumou lorsque lui et ses camarades ont été aiguillés vers Skhirat en pensant aller à Benslimane pour y exécuter des manœuvres....Voyage au fond de l’absurde, c’est un coup d’État contre le roi que ses supérieurs avaient préparé. L’aventure finit par un séjour de 18 ans au bagne de Tazmamart dont il fait le récit dans Tazmamart, cellule 10 (Paris-Méditerranée, 2001).

« Dès le retour de l’auteur dans son village natal, le pacha l’a impudemment enjoint d’être discret et de se faire le complice de ceux-là mêmes qui l’avaient torturé pendant dix-huit ans en rendant hommage aux "bienveillantes autorités qui ont fini par faire triompher le bien sur le mal". Devant son refus, les tracas et les intimidations se sont multipliés jusqu’à l’empêcher de gagner sa vie comme avocat. En 1999, l’arrivée de Mohammed VI au pouvoir, le limogeage du ministre Driss Basri ont amorcé un changement. En 2000, des indemnités ont été versées, une cérémonie autorisée à la porte de la caserne. En janvier 2001, on a restitué à Ahmed Marzouki son passeport. » Jean Clamour, Lire, mars 2001

« Le livre de Marzouki a été publié après moult péripéties. Alors que les survivants de Tazmamart sont libérés en 1991, Ahmed Marzouki tente de publier son témoignage dès 1995. Pour l’en empêcher, les autorités l’enlèvent à nouveau et l’interrogent pendant trente-six heures. En octobre 2000, une première commémoration est célébrée à Tazmamart. Au moins six journalistes assiègent Marzouki pour l’"aider à rédiger" ses mémoires. En Janvier 2001, le livre sort, mais Marzouki est toujours privé de passeport, jusqu’au 16 Janvier où un passeport lui a été délivré par la préfecture de Salé. » Marocculture.com

« L’écrire aura néanmoins été une indispensable thérapie. Ahmed a beau vivre chaque nouveau jour comme une chance, cette "seconde naissance" n’est pas sans douleur. Sans ressources, les "tazmamartiens" ne peuvent se soigner quand leurs bilans de santé sont catastrophiques. Les indemnisations promises ne viennent pas. Trois ans après leur libération, ils finissent par obtenir une pension mensuelle de 5 000 dirhams (2 900 F). Ils devront s’en contenter jusqu’en... octobre 2000 où ils reçoivent finalement le prix, fixé on ne sait trop comment, d’une vie interrompue : 1,66 million de francs. Dans le Maroc du début des années 90, ils se sentent incompris d’une société qui ne voit en eux que des militaires régicides. (...) À Salé, le quartier populaire de Rabat où il vit, Ahmed s’est plongé dans la traduction arabe de Cellule 10 "pour que le plus de Marocains possible sachent". » Extrait du portrait de José Garçon, pour Libération (France), 8 mai 2001.

Bibliomonde

  • Ali Bourequat

    Orly, le 3 janvier 1992, 20 heures. Les téléspectateurs découvrent sur leurs écrans trois êtres hagards, brisés, dont les vêtements neufs et trop amples masquent mal les corps torturés. De leurs regards hallucinés, ils semblent retrouver le monde. De leur voix cassée, ils tentent de répondre aux questions rituelles des journalistes.

  • Salim Jay

    Salim Jay est né à Paris en 1951. Il a vécu à Rabat de 1957 à 1973 et apublié de nombreuses chroniques littéraires dans la presse marocaine jusqu'à son installation en France il y a trente ans.

  • Tahar Ben Jelloun

    Tahar Ben Jelloun est né en 1944 à Fès, mais il a passé son adolescence à Tanger. Il étudie la philosophie à Rabat. Ses études sont interrompues par un séjour forcé de 18 mois dans un camp militaire. C'est là qu'il commence d'écrire. Il enseigne dans des lycées à Tétouan, puis à Casablanca où il collabore au Magazine Souffles.

  • Rachid O

    Né en 1970, après des études à Marrakech, il séjourne à Paris. En 2000, il a été accueilli comme pensionnaire de la Villa Médicis gérée par la Fondation de France à Rome. Le Maroc qu'il raconte dans ses romans est celui de l'homosexualité décrite de la façon la plus candide.

  • Abderrahmane Marzouki

    Abderrahmane Marzouki est membre du parti des Verts en France.

  • Le poète de Tazmamart

    Driss Chberreq, Ba Driss pour les intimes, entasse les poèmes, les récits et les souvenirs de Tazmamart sur sa table de chevet. Ses textes sont inédits : auteur méconnu du public, cet ancien bagnard illustre à lui seul la douleur ordinaire que ressent un homme revenu à la vie tardivement.

  • Mohamed Choukri

    Mohamed Choukri est l'auteur de plusieurs essais et romans, dont le plus célèbre est « Le pain nu », qui a été traduit en plusieurs langues. Mohamed Choukri est né à Beni Chiker. Sa famille se dirige ensuite vers Tanger en 1942, puis vers Tétouan et Oran.

  • Ahmed Rami

    Ahmed Rami, alors jeune officier de l'armée marocaine, a participé à l'été 1971 à un coup de force militaire qui échoua.

  • Ali Chraïbi

    Né le 13 avril 1965 à Marrakech, Ali Chraïbi entame sa carrière de photographe en 1995. A lui seul, Chraïbi est une rencontre.

  • Cheb Kader

    D'origine marocaine, Kouider Morabet, dit Cheb Kader, naît à Oran en Algérie. Nous sommes en 1967. C'est à l'âge de neuf ans, que Kader part rejoindre son père de l'autre côté de la Méditerranée. Il arrive à Mulhouse.