L’armée espagnole aurait identifié 72 militaires et agents marocains à Sebta, la ministre dit ne rien savoir
Trois rapports du renseignement militaire espagnol auraient identifié 72 militaires et agents marocains toujours présents à Sebta après les passages massifs de juillet. La ministre espagnole de la Défense affirme ne pas en avoir connaissance et renvoie désormais à l’enquête judiciaire.
L’information est révélée ce lundi 28 septembre par El Español. Le quotidien affirme avoir eu accès à au moins trois rapports établis par l’armée espagnole après les événements des 30 et 31 juillet.
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Ces documents identifieraient 22 membres des services de renseignement marocains et 50 militaires en activité répartis dans différents secteurs de Sebta. Des sources militaires espagnoles affirment qu’ils n’auraient jamais quitté la ville après leur entrée.
Les rapports les présentent comme les « centres de gravité » de réseaux chargés de transmettre des instructions, de financer certains campements et d’identifier les points vulnérables de la ville. Les 22 agents présumés assureraient la coordination, tandis que les 50 militaires agiraient sur le terrain par l’intermédiaire d’autres groupes.
L’armée espagnole aurait constitué un dossier comprenant jusqu’à 50 photographies. Les individus auraient été repérés à partir de leurs déplacements, de leur condition physique et de séances de sport organisées en petits groupes. Certains auraient également suivi et filmé des militaires espagnols pendant leurs patrouilles.
Ces soupçons prolongent ceux apparus dans un rapport du Centre national espagnol de l’immigration et des frontières. Ce document décrivait des agents marocains en uniforme ou en civil orientant certains groupes pendant les passages de juillet. La police espagnole avait alors mis en cause le comportement de membres des forces marocaines.
« Je n’en ai pas connaissance »
Interrogée quelques heures après la publication de l’enquête, Margarita Robles n’a pas confirmé l’existence de ces 72 militaires. « Je n’en ai pas connaissance. Je sais qu’il y a beaucoup de spéculations sur ce qui s’est passé », a déclaré la ministre espagnole de la Défense à Bruxelles, rapporte Euronews.
Le ministère de la Défense s’en tient à cette réponse et renvoie à la procédure ouverte devant l’Audience nationale. La juge María Tardón cherche à déterminer comment les passages ont été organisés, quelles informations avaient été reçues par les autorités espagnoles et si les faits peuvent relever d’une atteinte à l’intégrité territoriale. Elle examine notamment l’hypothèse d’une opération de « guerre hybride ».
Les nouveaux rapports attribués à l’armée portent sur une question différente des premières alertes : ils ne cherchent pas seulement à déterminer ce qui s’est produit à la frontière, mais à identifier des personnes qui seraient restées à Sebta après les passages.
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La juge Tardón a demandé la transmission des rapports produits par l’armée et les services de renseignement espagnols. Margarita Robles devra, elle, comparaître le 6 octobre devant la commission des dépenses réservées du Congrès pour répondre sur le rôle et les informations du renseignement pendant la crise de Sebta.