Eau : Les britanniques lorgnent le Maroc

20 mars 2008 - 22h45 - Economie - Ecrit par : L.A

Le secteur de l’industrie de l’eau au Maroc, bien que balbutiant, continue d’intéresser plusieurs sociétés principalement de France, d’Espagne et d’Italie.

Aujourd’hui, les Anglais veulent avoir leur place dans un domaine où la technicité et l’expertise évoluent à grande vitesse, eu égard aux nouveaux défis environnementaux. Pour renforcer leur présence, une mission commerciale menée par British Water était en visite au Maroc les 17 et 18 mars. Ils sont entrés en contact avec plusieurs départements concernés et des entreprises marocaines de traitement des eaux. Or, ces dernières en terme de nombre ne dépassent pas une dizaine. Ainsi, les compagnies britanniques, principalement dans le domaine du recyclage de l’eau, sont au Maroc pour une visite d’étude.

Elles ont eu des rencontres avec les responsables de l’ONEP, se sont rendus au site de Bouregreg et ont eu des contacts avec les départements concernés au ministère de l’Intérieur. Selon Mme Badelia Brett Rooks, Consul général de la Grande-Bretagne, qui a reçu la délégation et des responsables et industriels marocains à sa résidence, lundi à Casablanca, « deux entreprises anglaises dans le domaine de traitement des eaux sont déjà actives au Maroc ». Il s’agit, précise-t-elle, de Bi-Water qui vient de gagner un contrat à l’aéroport de Casablanca et Scott-Wilson qui est une firme d’ingénierie présente surtout dans la construction de villages de pêche dans le Sud.

Pour la diplomate, son pays peut apporter son appui aux programmes de réforme et offrir son expertise au Maroc. De l’autre côté, ajoute Mme Rooks, « nous considérons avec beaucoup d’intérêt les actions que le Maroc mène dans certains pays subsahariens. C’est une dynamique que nous pouvons faire fructifier ensemble ».

Pour revenir à la thématique principale de la visite à savoir le traitement de l’eau, cette technique a commencé au Maroc dans les années 80. A l’époque, des stations d’épuration des eaux usées ont été installées au niveau d’un certain nombre de collectivités locales, principalement Bouznika, Bejaâd, Beni-Mellal et Nador. Des procédés dits biologiques ont été utilisés pour rendre ces eaux moins nocives. Selon Abdelkhalek Benhnini, responsable d’une société de traitement des eaux, il est plus judicieux et rationnel d’agir en amont au niveau des villes du hinterland qui rejettent dans les grandes rivières comme l’Oued Oum Rbiî, Sebou et Tansift.

Ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui. A telle enseigne que le Maroc est aujourd’hui face à une vraie problématique environnementale caractérisée par la pollution des nappes phréatiques et des rivières. Dans les villes où les nappes sont peu profondes, les rejets d’hydrocarbures sont une véritable menace. Les responsables de cette pollution rampante sont peu ou prou sensibilisés sur les effets néfastes pour la santé des populations qui utilisent l’eau des puits, même dans les villes. Un vrai travail sur les mentalités doit être effectué d’urgence, estiment les spécialistes.

Pollueurs-payeurs

Le Parlement a adopté en 1995 la fameuse loi sur les pollueurs-payeurs qui est restée depuis lettre morte. Cette loi est pourtant un vrai acquis dans la mesure où elle a établi des normes et fixé des paramètres de rejet pour chaque type de rejet. Elle s’est, toutefois, heurtée à un problème de mise à niveau des entreprises concernées. Ces dernières mettaient en avant, et continuent de le faire, les surcoûts engagés par l’installation des stations de traitement des rejets liquides ou solides. A titre d’exemple, une station pour un débit de 20 m3/h peut coûter jusqu’à 30 millions de DH.

Source : Le Matin - Mostafa Bentak

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Grande-Bretagne - Eau - Prospection - Environnement

Ces articles devraient vous intéresser :

Taxe carbone : le Maroc face au compte à rebours européen

Alors le Maroc se prépare à l’entrée en vigueur de la taxe carbone européenne, bon nombre d’entreprises marocaines sont encore à la traîne. Loïc Jaegert-Huber, directeur régional d’ENGIE Afrique du Nord et président de la Commission énergies propres de...

Maroc : bonne nouvelle pour les amateurs de hammams

Au Maroc, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit a donné de nouvelles instructions aux walis et gouverneurs des régions concernant la décision de fermeture des hammams et des stations de lavage de voitures.

Les plages marocaines enfin débarrassées de l’anarchie

Au Maroc, les walis et gouverneurs sont déterminés à en finir avec l’anarchie qui règne sur les plages. Ils mènent de vastes opérations de libération du domaine maritime.

Maroc 2030 : le chantier des infrastructures s’accélère

Le Maroc se prépare activement pour la Coupe du monde 2030 qu’il coorganise avec l’Espagne et le Portugal. Les autorités ont annoncé, au titre de l’année 2024, une augmentation de 42 % du volume des projets d’infrastructures pour un montant total de 64...

Maroc : le hammam, un plaisir de plus en plus cher

Face à la sécheresse, les autorités marocaines ont décidé de frapper fort. Depuis le mois dernier, les stations de lavage et les bains, traditionnels et modernes, sont contraints de fermer trois jours par semaine. Une décision qui fait grincer des...

L’eau Ain Atlas mauvaise pour la santé ? les autorités répondent

Le ministère de la Santé dément catégoriquement les rumeurs concernant l’eau minérale « Aïn Atlas ». Un document falsifié, circulant activement sur les réseaux sociaux et usurpant l’identité d’une délégation ministérielle, affirmait que cette eau ne...

Maroc : mise en garde contre les constructions illégales

Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, a apporté des clarifications au sujet des démolitions dans les zones côtières.

Maroc : les plages à éviter cet été

Le ministère de la Transition énergétique et du développement durable a récemment publié la liste des plages classées non conformes à la baignade pour la saison estivale qui s’annonce. En tout, 22 plages dont celle de Salé, très fréquentée par les...

Maroc : un lac en péril

Le problème de l’assèchement du lac Tamda dans la province d’Azilal préoccupe le député Saïd Atghlast qui a adressé une question écrite à la ministre du Tourisme, de l’artisanat, de l’économie sociale et solidaire à ce sujet.

Ces familles de Casablanca refusent de déménager

À Casablanca, le recasement du douar Bouih situé dans le quartier Aïn Sebaâ passe mal auprès des résidents du bidonville. Ils dénoncent des « manœuvres douteuses » dans le cadre du projet immobilier censé les reloger avant la démolition de leurs...