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Attentat de Marrakech : les auteurs, des hommes « simples »

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9 mai 2011 - 17h00 - Société

La ville de Safi reste sous le choc après l’arrestation de l’auteur principal de l’attentat du café Argana à Marrakech, Adil El Atmani, et de ses deux complices Abdelhakim Dah et Abdessamed Bitar. Tous trois, connus pour être pieux et réservés, étaient de simples marchands de chaussures d’occasion.

Les avis divergent dans les quartiers des mis en cause. Adil El Atmani est considéré comme un homme « normal » par ses voisins. Son père, Hemmou El Atmani, travailleur immigré en France, affirme lui que si son fils est coupable il le reniera mais que s’il est innocent, il le défendra jusqu’au bout.

Adil El Atmani, « admirateur d’Al-Qaïda » et « fortement imprégné de l’idéologie jihadiste », d’après les autorités marocaines, avait tenté à maintes reprises de rejoindre les points chauds du terrorisme, avant de se rendre en Libye en 2007 avec ses deux complices, d’où ils seront expulsés tous les trois vers le Maroc quelques mois plus tard.

Élégant et aimable, Adil El Atmani semblait ne s’occuper que de son commerce. En sortant mercredi soir de chez sa mère, en compagnie de sa femme enceinte de trois mois, l’homme aurait été invité à monter dans une voiture de marque Dacia. Depuis, sa famille ne l’a plus revu.

Effondré, Abdelali, son frère a confié au quotidien Akhbar El Yaoum qu’Adil serait mort selon les bruits qui courent, ajoutant que son frère n’a rien à voir avec l’image que s’est faite de lui l’opinion publique. Adil El Atmani venait pourtant d’échanger des dirhams contre 800 euros, pour rejoindre des zones de tension en Europe, selon des sources citées par l’AFP.

Adil, dont le niveau scolaire ne dépasse guère la deuxième année du collège, s’affairait selon les autorités depuis six mois avec ses deux complices à fabriquer des bombes artisanales. Une fois les explosifs prêts, les trois hommes auraient procédé, selon les enquêteurs, à des essais à une dizaine de kilomètres de Safi.

Le jour J, Adil El Atmani, muni d’une perruque et une guitare pour se faire passer pour un touriste, a pris le train tôt le matin pour Marrakech. A onze heures, il s’installe au café Argana où il commande une boisson. Il quitte l’établissement quarante minutes plus tard en laissant deux sacs derrière lui. Arrivé près de la Koutoubia, il prend son téléphone, compose le numéro et fait exploser les bombes. C’est du moins la version données par les autorités.

Abdelhakim Dah, 41 ans, est le plus cultivé des trois présumés terroristes. Bachelier scientifique, il n’aurait pas poursuivi ses études faute de moyens. Orphelin depuis août dernier et le décès de sa mère, le jeune homme vivait avec son frère cadet dans un quartier populaire de Safi.

Perdu, Abdelhakim se serait réfugié dans la drogue. Son frère raconte ainsi qu’Abdelhakim aurait tenté de se rendre clandestinement en Europe avant de devenir marchand de chaussures d’occasion. Les commerçants qui le connaissent, décrivent un homme calme, passionné de films américains et de mode.

Peu d’informations circulent sur le troisième complice, Abdessamed Bitar, 28 ans, dont la femme a accouché d’un garçon la veille de l’attentat de Marrakech. Marchand de chaussures lui aussi, il aurait été vu à maintes reprises avec Adil El Atmani et Abdelhakim Dah.

L’attentat d’Argana qui a fait 17 morts et 20 blessés, aurait été élucidé grâce au téléphone découvert sur les lieux du drame. C’est grâce à celui-ci que les enquêteurs ont pu remonter jusqu’à Adil El Atmani, ont indiqué des sources sécuritaires à l’AFP.

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