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Attentats de Casablanca : La psychose toujours présente

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3 juillet 2007 - 00h02 - Maroc

Force est de constater que la psychose qui s’était installée au lendemain des attentats kamikazes qui ont frappé le Maroc, et Casablanca en particulier, au mois d’avril dernier, n’a pas totalement disparu. En effet, et au-delà des arrestations en cascade opéré par l’appareil sécuritaire, des actions de « prévention », voire de défense et de protection renforcée ont vu le jour. Ainsi, au début du mois du juin, le Consulat général des Etats-Unis d’Amérique, situé sur le boulevard Moulay Youssef à Casablanca, décidait de réorganiser ses services et imposait à toutes personnes désireuses d’obtenir un visa (ou autres documents administratifs) de se rendre dans une antenne consulaire étrangère.

Cette initiative, qui a suscité un tollé et de vives critiques au sein de l’opinion publique, a connu un durée de vie d’environ un mois avant qu’elle ne soit remplacée par une action d’envergure avec la pause d’imposants « ilôts à fleurs » dont la « mission » est double : interdire le passage aux piétons par l’occupation de l’espace et le bouclage de la rue. C’est ainsi que le quartier le plus chic et le mieux organisé de la capitale économique voit son environnement terni par une prise de décisions aussi incompréhensible qu’incohérente, dont la principale « victime » est le citoyen.

Malheureusement, il semblerait que cette initiative ait donné « des ailes et des idées » à d’autres représentations consulaires « voisines ».

« C’est la pagaille aux abords du consulat d’Espagne »

Ainsi, le Consulat général d’Espagne, situé rue d’Alger, non loin du boulevard Moulay Youssef, tente de « copier » son homologue américain avec la présence sur la chaussée d’ouvriers du bâtiment chargés d’implanter des blocs de bétons tout le long de la surface extérieure exploitée par le consulat. En outre, des dizaines de barrières ont été installées pour renforcer la surveillance des flux humains. Le tout est supervisé par des agents de la sécurité nationale. Qu’est-ce qui explique cette décision ? Les intérêts ibériques au Maroc seraient-ils menacés ? Des menaces ciblées à l’encontre du Consulat d’Espagne sont-elles d’actualité ? Autant d’interrogations qui animent les discussions des badauds et riverains qui condamnent sans réserve cet acte. Et ils ne sont pas les seuls à déplorer cette situation. Un chef d’entreprise, basé à proximité du consulat, ne cache pas sa colère par l’expression de son désarroi et l’aveu de son impuissance. « Que voulez-vous ! Ce lundi, comme d’habitude, je me suis rendu sur mon lieu de travail et à ma grande surprise, je découvre des sacs de ciments, des pelles et autres outils de travail. Je m’attends à des travaux de rénovation, mais je découvre « le pôt aux roses » très vite. Dès lors, je décide d’interpeller le vice-Consul. Ce dernier m’indiquait que pour des raisons purement sécuritaires, le consulat a décidé de sécuriser les lieux par une réorganisation de ses services », précise-t-il, sur un ton dépité.
Depuis, l’entreprise, ses collaborateurs, la clientèle, les usagers,…et les agents de police, ne savent plus où donner de la tête devant la « pagaille » qui règne dorénavant sur la rue d’Alger. Quant à la direction du consulat d’Espagne, un seul mot d’ordre « motus et bouche cousue ».

Psychose et vent de panique dans un pub Casablancais
Au terme d’une semaine chargée de stress, chacun tend à se décontracter au travers de retrouvailles entre amis autour d’un verre. Comme à l’accoutumée, de nombreux habitués du Pub-restaurant « L’Etoile », situé sur le Boulevard Abdelatif Ben Kaddour, profitent d’un moment de détente que procure le lieu. Il est environ 21 heures 30, la salle est surchauffée, lorsqu’une déflagration retentit. Dès lors, la clientèle et les employés de l’établissement sont pris d’un vent de panique (et de folie), chacun tente de gagner la sortie, les cris se multiplient, les pleurs également,…Des hommes et des femmes se retrouvent au sol, largement piétinés par ceux qui ont pu franchir la porte de sortie, celle de l’espoir. Au final, que retenir ?
Que l’explosion d’un simple chauffe-eau, situé à l’étage de l’établissement, a entraîné une vague de violence sans précédent. Psychose, vous avez dit psychose !

La Nouvelle Tribune - Rachid Hallaouy

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