Autoroute Tanger-Tétouan : malgré les attentes, la livraison du projet jugée “irréaliste” avant 2030
Le projet de loi de finances 2026 a remis sur le devant de la scène le dossier de l’autoroute reliant Tanger à Tétouan, en révélant une mise à jour de l’étude relative à ce tronçon d’environ 60 kilomètres.
Si cette actualisation a ravivé les attentes des députés de la région, qui réclament une concrétisation rapide pour lever l’isolement économique de Tétouan et stimuler le commerce dans le nord, des experts du secteur tempèrent cet enthousiasme en jugeant irréaliste une livraison de l’infrastructure avant 2030.
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Le scepticisme des spécialistes repose sur la lourdeur incompressible des procédures techniques et administratives nécessaires au lancement d’un tel chantier. La première étape, constituée des études topographiques et géotechniques pour définir le tracé et évaluer la nature du sol, requiert à elle seule une période d’au moins six mois. Cette phase est suivie par l’établissement du budget global et, surtout, par les procédures d’expropriation. Paradoxalement, les experts soulignent que si les terrains privés suivent un processus relativement rapide, ce sont les terrains appartenant à l’État qui nécessitent des procédures longues et complexes.
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À ces délais incompressibles s’ajoutent ceux liés à la sélection de l’entreprise exécutante, une étape cruciale qui demande plusieurs mois pour lancer l’appel d’offres et évaluer les candidats afin de garantir le respect des normes techniques. Enfin, la construction proprement dite de l’autoroute nécessiterait au moins deux années de travail rigoureux. L’accumulation de ces étapes conduit les observateurs à conclure que, malgré la pression politique pour un désenclavement rapide, l’achèvement du projet avant l’échéance de 2030 semble éloigné de la réalité pratique.