Ils ne battent plus pavillon marocain, mais restent sur la liste noire de l’Union européenne

- 23h00 - Monde - Ecrit par : Farid Laamoudi

Deux navires ayant autrefois battu pavillon marocain figurent toujours sur la liste noire européenne de la pêche illégale. Le Northern Warrior et le Trinity ne sont plus enregistrés au Maroc, mais leur ancien pavillon apparaît dans le registre publié ce 15 septembre.

La Commission européenne a actualisé la liste des navires impliqués dans des activités de pêche illicite, non déclarée et non réglementée, dite pêche INN. Le nouveau règlement européen, adopté le 14 septembre et publié le lendemain au Journal officiel de l’Union européenne, entrera en vigueur le 22 septembre.

Deux navires conservent un lien historique avec le Maroc. Le premier, le Northern Warrior, porte le numéro IMO 8808903. Il est actuellement présenté sous pavillon angolais, mais le document européen cite le Maroc parmi ses anciens pavillons, avec le Belize, l’Afrique du Sud, Curaçao et les Antilles néerlandaises. Il a également navigué sous les noms Millennium et SIP 3.

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Le second, le Trinity, est identifié par le numéro IMO 7321374. Son pavillon actuel est inconnu. Le Ghana, le Panama et le Maroc figurent dans son historique, tandis que plusieurs anciens noms lui sont attribués : Enxembre, Yucatan Basin, Fonte Nova et Jawhara.

Des navires privés de ports et du marché européen

Le maintien sur cette liste entraîne de lourdes restrictions. Sauf situation de détresse ou cas de force majeure, ces navires ne peuvent pas accéder aux ports de l’Union européenne, s’y ravitailler en carburant ou bénéficier d’autres services portuaires.

Les navires européens ne peuvent pas non plus leur fournir une assistance, participer avec eux à des opérations conjointes ou transborder des captures. L’importation dans l’Union européenne des produits de la pêche provenant de ces bâtiments est également interdite.

La mention du Maroc ne signifie pas que les deux navires naviguent actuellement sous pavillon marocain, ni que le royaume est visé comme pays non coopérant. Elle correspond uniquement aux pavillons successivement recensés par les organisations régionales de gestion des pêches, dont les listes sont reprises par Bruxelles.

Cette distinction sépare leur cas des accusations visant des bateaux effectivement marocains, comme celles qui avaient conduit Rabat à annoncer des sanctions contre des pêcheurs soupçonnés d’opérer illégalement dans les eaux espagnoles. Le Maroc avait également engagé un durcissement de son arsenal juridique contre la pêche illégale.

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La mise à jour européenne retire quatre autres navires de la liste, mais ni le Northern Warrior ni le Trinity n’en font partie. Leur ancien passage sous pavillon marocain reste donc inscrit dans le registre international qui permet de suivre ces bâtiments malgré leurs changements répétés de nom et de pavillon.