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Belgique : la détresse des personnes qui abandonnent l’islam

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2 septembre 2019 - 19h40 - Monde

Une enquête menée par la BBC et le réseau de recherche, Arab barometer, auprès de 25.000 personnes dans dix pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord conclut que les Arabes abandonnent massivement leur religion.

Sur cet important échantillon, ils sont 8 à 13 % de personnes selon les pays à se revendiquer non religieuses, entre 2013 et 2019. Une nette progression dans les résultats, selon les enquêteurs qui notent que les personnes âgées de moins de 30 ans sont les plus touchées par l’apostasie, avec 18%.

Loin des pays arabes, le phénomène prend également une ampleur en Europe, notamment, en Belgique où, craignant les jugements et les représailles, les apostats préfèrent rester discrets et ne dévoilent leur secret que dans les milieux ou avec les personnes avec qui ils se sentent en confiance.

Le Soir Belgique s’est rapproché de quatre apostats (trois hommes et une femme) dont les témoignages sont poignants. Ayant tous grandi dans des familles pratiquantes, ils confient être déçus de n’avoir pu parler librement de religion avec leurs proches, de n’avoir obtenu aucune réponse à leurs questionnements. Mais, aussi et surtout, ils dénoncent le poids écrasant de la communauté, rapporte le journal belge.

Ali, en qui ses parents voyaient un futur grand imam, raconte ces longues journées passées à la mosquée à étudier le Coran dès l’âge de 6 ans et comment il a été envoyé dans une école coranique au Maroc à ses 15 ans, avant de se retrouver finalement à la prière dans l’une des plus grandes mosquées liégeoises. Malgré ce parcours, il dit éprouver en lieu et place de cette ferveur religieuse souhaitée par ses parents, plutôt une distanciation progressive qui a fini par conduire à une rupture avec l’islam.

Le jeune trentenaire se souvient encore des menaces de mort reçues de sa mère, alors qu’il tentait d’aborder le sujet avec elle. "J’ai fait le choix de me mettre tout le monde à dos car il n’y avait pas d’alternative, confie-t-il avec dépit.

Selim a vécu dans une ambiance familiale comparable à celle d’Ali, où les parents estiment que les apostats méritent le châtiment suprême. Né à Bruxelles dans une famille marocaine, petit-fils d’imam, il dit être exaspéré par l’hypocrisie religieuse lors des réunions de famille. "Quand j’ai révélé à mon frère que je n’étais plus musulman, il m’a répondu qu’il était dans la même situation".

Pour sa part, Asma redoutait une réaction violente de son père mais c’est son vécu en tant que fille, puis en tant que femme dans cette famille, qui l’a incitée à couper les ponts.

"Même en n’étant plus musulmans, c’est très difficile pour nous de nous faire accepter", confient ces trois ex-musulmans qui disent avoir été déjà menacés de mort à plusieurs reprises.

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