« C’est un bordel » : Emmanuel Macron s’emporte contre le système qui pénalise les médecins marocains
En visite dans l’Ariège, Emmanuel Macron s’est vivement emporté contre les obstacles administratifs freinant l’intégration des médecins diplômés hors Union européenne. Parmi ces praticiens indispensables pour contrer les déserts médicaux, figure une part importante de professionnels marocains.
Ce lundi 27 avril, lors d’un échange avec des soignants, le président de la République a dénoncé avec virulence la gestion des praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue). Il regrette que ces professionnels, exploités sur le terrain, soient contraints de repasser des concours pour obtenir leur titularisation. « C’est des gens remarquables qu’on fait bosser […] et, le jour où il faut les titulariser, on repart tout de zéro », s’est-il agacé. Le chef de l’État pointe directement la Caisse nationale de l’assurance-maladie, l’accusant d’entretenir ce « bordel » et de freiner les régularisations pour des raisons purement financières, fustigeant au passage la « folie du système français ».
Sur Bladi.net : Vers une vague de recrutements de médecins marocains en France ?
Cette rigidité administrative pénalise lourdement les effectifs étrangers, dont les médecins marocains qui représentent 7,4 % des 19 154 Padhue inscrits à l’Ordre au 1er janvier 2025, d’après les statistiques relayées par Le Monde. Les professionnels diplômés au Maroc s’inscrivent parmi les nationalités les plus représentées, aux côtés de la Syrie, de la Tunisie et de l’Algérie, premier pourvoyeur de ces soignants. Face à cette réalité démographique indispensable au fonctionnement des hôpitaux, Emmanuel Macron a sévèrement taclé les partisans d’une rupture diplomatique avec Alger, conseillant d’aller confronter cette dépendance vitale « à tous les mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie ».