Boualem Sansal a bien été arrêté à cause du Maroc
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est prononcé pour la première fois sur l’affaire Boualem Sansal du nom de l’écrivain franco-algérien emprisonné en Algérie depuis novembre pour avoir repris la position du Maroc selon laquelle le territoire du royaume aurait été tronqué sous la colonisation française au profit du voisin de l’Est.
Dans un « discours à la nation » prononcé devant les deux chambres du Parlement dimanche, Tebboune a qualifié Boualem Sansal d’« imposteur » envoyé par la France. « Vous envoyez un imposteur qui ne connaît pas son identité, ne connaît pas son père et vient dire que la moitié de l’Algérie appartient à un autre État », a-t-il déclaré, dans un extrait de ce discours officiel.
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À la mi-octobre dernier, l’écrivain franco-algérien avait, dans une déclaration au média français Frontières, soutenu que l’ouest algérien appartenait historiquement au Maroc. Des propos qui n’étaient pas du goût des autorités algériennes. Conséquence : Boualem Sansal a été arrêté à son retour en Algérie, le 16 novembre, puis incarcéré pour atteinte à la sûreté de l’État. Sa défense a introduit une demande de remise en liberté provisoire. Celle-ci a été rejetée par la chambre d’accusation de la Cour d’Alger, le 11 décembre dernier.
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Détenu à la prison de Koléa, Boualem Sansal, a été transféré au pavillon carcéral de l’hôpital Mustapha-Bacha d’Alger pour des raisons de santé, a fait savoir son avocat français François Zimeray.