CAN 2025 : le Maroc joue sa crédibilité
L’échéance approche et la tension monte d’un cran. À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations (21 décembre - 18 janvier), le Maroc se retrouve face à une obligation de résultat absolue. Pour les Lions de l’Atlas, l’enjeu dépasse le simple cadre sportif : il s’agit de valider une stratégie nationale coûteuse et de répondre à l’attente de 37 millions de supporteurs.
Fouzi Lekjaa a fixé le cap sans ambiguïté : seule la victoire sera tolérée. Le président de la Fédération royale marocaine de football sait que le pays, sevré de titre continental depuis 1976, joue gros. La demi-finale au Mondial qatari et le titre d’Africain de l’année d’Achraf Hakimi ont créé un sentiment de surpuissance qu’il faut désormais concrétiser à domicile. Les équipes maghrébines, historiquement performantes sur leur sol, partent favorites, mais la concurrence du Sénégal et du tenant du titre ivoirien promet une lutte acharnée.
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Ce rendez-vous festif cache pourtant une genèse complexe. Le tournoi a dû se glisser au forceps dans un calendrier international saturé par la FIFA et l’UEFA, imposant pour la première fois une compétition à cheval sur les fêtes de fin d’année. Sur le plan interne, les préparatifs ne se sont pas faits sans heurts. Les investissements massifs dans les infrastructures ont suscité la colère d’une partie de la jeunesse, matérialisée par le mouvement « GenZ 212 » en octobre dernier, qui dénonçait le décalage entre ces millions dépensés et les difficultés du quotidien.
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Au-delà des polémiques logistiques et des ajustements de dernière minute au stade El Barid, la compétition conserve sa dimension sociale unique. Pour des nations comme le Soudan ou la RDC, la CAN offre une parenthèse vitale au milieu des conflits armés. Le Maroc, lui, espère connaître l’élan populaire vécu par la Côte d’Ivoire en 2024, à condition de supporter le poids écrasant de la favorite.