A Casablanca, Zara est devenue un haut lieu de la mode

- 01h15 - Maroc - Ecrit par : L.A

Ce n’est évidemment pas sur l’éternel parvis de la mosquée Hassan II. Ni à la plage. Le point de rendez-vous de la jeunesse branchée de Casablanca - et un des lieux de drague - est un bout de trottoir balafré, boulevard Al Massira Al Khadra, à l’ombre des pompeuses vitrines de Zara et à deux pas de l’imposant Twin Center, au coeur du quartier d’affaires.

Devant cette boutique de vêtements, les limousines Mercedes se relayent. Les vigiles sont aussi des portiers. Et les chauffeurs patientent. Sur les trois niveaux lumineux du magasin, sur les quelque 2 700 mètres carrés high-tech, femmes voilées ou en minijupe, raffinées ou modestes, se côtoient et partagent les mêmes cintres. Du matin au soir, ça grouille de monde. Contrairement à l’Europe et particulièrement à la France, Zara à "Casa" "c’est du haut de gamme", assure la jeune directrice de la boutique, Nora Kerdoudi. Presque du luxe. Pour les clients, la marque "rappelle la France". "Pour les Marocains l’apparence est importante, précise Mme Kerdoudi. Ils aiment s’habiller à l’occidentale."

150 fournisseurs locaux

Un succès inattendu pour ce franchisé exploité par le groupe Aksal qui se vante d’avoir "démocratisé la mode". Mais la réussite est bien là. Cette boutique - la première du nom en Afrique, la seule au Maroc -, inaugurée le 26 mars 2004, est classée par le propriétaire espagnol de la marque, le groupe Inditex, parmi les 20 premières de l’enseigne dans le monde. Sur 1 035 magasins. Aucun chiffre d’affaires n’a toutefois été communiqué.

Au-delà de cet aspect "mode", Inditex s’est imposé, dans le secteur du textile, comme le premier client du royaume. Le géant ibérique, qui alimente les collections de 3 285 magasins dans le monde, s’y approvisionne pour 110 millions d’euros par an. "Il y a trois ans, c’était à peine 15 millions", note Karim Tazi, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith). Inditex travaille avec 150 fabricants sur les 900 que compte le pays. Ils lui fournissent environ 10 % du total de ses approvisionnements - près de 33 millions de pièces par an. Inditex fait vivre près de 40 000 salariés sur les 220 000 du secteur. "Il faut compter avec une production proche de nos centres de dessin en Espagne, explique la direction. Au Maroc, nous avons des fournisseurs capables de répondre vite à nos exigences de qualité."

En effet, pour contrer la concurrence chinoise, le Maroc s’est perfectionné dans le "fast-fashion", qui permet de répondre très rapidement aux changements de tendance de la mode, en produisant de petites séries. Ce qui convient à merveille à Inditex, qui fait livrer des nouveautés à ses boutiques deux fois par semaine.

Le 27 juin dernier, l’Amith a signé avec Inditex un partenariat qui garantit que la production du royaume sera conforme aux lois sociales et respectera l’environnement. Les fabricants s’engagent également à ne plus revendre au marché noir le surplus qui sort des usines.

Forts de cette confiance, d’autres Zara vont ouvrir cet été. A Agadir, à l’aéroport de Casablanca, et à Marrakech, à la rentrée, pendant le mois de ramadan.

Le Monde - Mustapha Kessous

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