Ces MRE qui investissent : Les soeurs Boussaïd, une ’intégration’ réussie

- 17h55 - Maroc - Ecrit par :

Les employés astiquent une dernière fois les lieux avant de commencer leur journée. Dans quelques instants, les premières clientes vont arriver, il faut que tout soit reluisant. Il est 8h30 du matin, le salon de coiffure et d’esthétique des sœurs Boussaïd ouvre ses portes. Entourées de leur personnel, Nouzha et Ilham, propriétaires du salon Carita, situé dans le quartier Gauthier, à Casablanca, sont elles aussi à pied d’oeuvre.

Originaire de Fès, leur famille est partie pour la France alors qu’elles étaient encore enfants. Nouzha avait 7 ans, Ilham 5.
Toutes deux gèrent aujourd’hui une franchise qui compte parmi les plus prisées de la métropole. Un peu plus de vingt ans après leur retour au bled, elles ne regrettent rien de ce choix.
« Notre salon est un établissement de coiffure important. C’est une entreprise qui emploie 17 personnes », explique Ilham, manager du salon.
Esthéticienne de formation, elle assume, au quotidien, la réception des clientes, l’encadrement des coiffeuses et la formation des jeunes esthéticiennes. Choix des produits et gestion des commandes sont aussi de son ressort.

Des clientes depuis 20 ans

Pour sa part, Nouzha, coiffeuse passionnée par son métier, prend soin des cheveux de « ses clientes ».
« Je coiffe certaines clientes depuis plus de vingt ans. Il m’arrive parfois de coiffer une grand-mère avec sa fille et sa petite-fille », précise-t-elle.
Issues d’une famille de sept enfants, Nouzha et Ilham ont grandi à Ambérieu-en-Bugey, une ville de province située à 30 kilomètres de Lyon. Elles sont entrées très jeunes dans le monde du travail, 15 ans pour Nouzha, 18 pour Ilham.
Nouzha a 22 ans et déjà 8 années d’expérience dans le domaine de la coiffure quand elle choisit de quitter la France pour venir ouvrir un salon au Maroc.
Nous sommes en 1981. Après avoir envisagé une installation à Fès, Nouzha choisit finalement la capitale économique. En 1982, Ilham la rejoint. Elle n’a que vingt ans et vient tout juste d’achever une formation d’esthéticienne.
« A l’époque nous étions en quête de nos racines, nous voulions retrouver notre culture. Nous voulions aussi prouver à nos familles et à nous-mêmes que nous étions capables de nous installer au Maroc et d’y vivre durablement », raconte Ilham quand elle tente d’expliquer leur retour.
En quelques mois, les sœurs Boussaïd créent Renato, leur premier salon de coiffure, baptisé ainsi du prénom du dernier employeur lyonnais de Nouzha.
« Nos débuts ont été difficiles, plusieurs fois nous avons failli faire nos valises et rentrer en France. Mais nous nous sommes accrochées. Nos premières clientes nous ont aussi beaucoup soutenu, elles nous demandaient de rester, elles nous encourageaient sans cesse dans notre travail », confie Nouzha.
Dix ans plus tard, le salon devient trop petit pour accueillir une clientèle de plus en plus nombreuse, surtout depuis qu’Ilham a décidé d’ouvrir une salle de soins corporels.
Renato ferme donc en 1995 et les sœurs Boussaïd ouvrent Carita, un salon franchisé bien plus grand que le précédent.
La création de Carita a coûté 6 millions de dirhams à Nouzha et Ilham, un investissement qu’elles ne regrettent en aucun cas.
« A l’époque, nous avons pris de gros risques financiers, cependant nous étions bien soutenues par les banques. La clientèle de Renato nous a aussi bien aidé à lancer Carita », explique Ilham.
La réussite de Carita tient aussi au fait que Nouzha et Ilham ont su créer des liens de fidélité avec leurs employés. « Certains employés nous accompagnent depuis nos débuts », précise Ilham. Aujourd’hui, à la tête d’une entreprise dynamique au Maroc, les soeurs Boussaïd n’ont pas pour autant oublié le pays qui les a vu grandir.
« Quelque part un peu déracinées, nous sommes toujours très sentimentalement attachées à la France. Que ce soit à l’occasion de nos vacances, pour revoir notre famille, ou encore pour partir en formation, pas une année ne passe sans que nous ne retournions là-bas », explique Nouzha.
« Cependant, de notre retour au Maroc nous ne regrettons rien. Et je suis sûre que si toute cette aventure était à refaire nous la referions », ajoute Ilham, avant de lancer en souriant « il faut que nous nous remettions au travail maintenant ».
Les premières clientes sont là et avec l’attention qu’elles leur manifestent depuis toujours, Nouzha et Ilham tiennent à les accueillir personnellement.

Brice JOURDAN - L’Economiste

  • Nouzha Chekrouni en visite à Paris

    La ministre déléguée chargée de la Communauté Marocaine Résidant à l'Etranger, Nouzha Chekrouni se rendra le 8 novembre à Paris.

  • Ces MRE qui rentrent au bercail

    Qu'est-ce qui fait qu'un MRE bien intégré dans son pays d'accueil plie un jour bagage et plaque tout, travail, amis, maison et parfois famille, pour rentrer définitivement au pays en vue d'y travailler ou y investir ? Réponses à travers le portrait de quatre d'entre eux, qui ont tenté et réussi l'aventure du retour et n'ont jamais, malgré les difficultés, regretté leur choix. Des centaines de milliers de résidents marocains à l'étranger (MRE) de la deuxième et troisième générations viennent chaque année passer des vacances dans leur pays d'origine. Combien parmi eux rêvent de revenir un jour pour s'y installer définitivement ?

  • Ces femmes qui ont découvert un autre chemin de l'immigration clandestine

    Hayat, Fouzia et Ilham sont trois Casablancaises à Tanger. Ce qu'elles font ? Elles attendent le feu vert pour pouvoir enfin traverser le Détroit. Elles font partie d'un groupe de plus de 60 jeunes femmes, toutes de Casablanca. La plus âgée d'entre elles a 30 ans. Le point commun chez toutes ces personnes, c'est qu'elles fréquentaient les mêmes cabarets d'un coin chaud bien connu des Casablancais.

  • Quand la bureaucratie freine l'envie d'investir des MRE

    Des dizaines de Marocains résidant à l'étranger se sont réunis au siège de la wilaya de Rabat pour exprimer aux responsables de la ville leurs préoccupations.

  • Violences en France : Le Maroc propose son aide

    Le Maroc est prêt à coopérer avec les communes françaises touchées depuis une dizaine de jours par des violences urbaines pour un retour au calme, a indiqué samedi à l'AFP Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée des Marocains résidents à l'étranger.

  • Nouzha Chekrouni à Paris

    La ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger (MRE), Nouzha Chekrouni, a affirmé que la question du développement humain est à l'origine de tout développement durable.

  • Le mariage mixte : Quête culturelle ou simple coïncidence ?

    En dépit des barrières que les traditions dressent entre eux, ils choisissent d'unir leur vie à des femmes étrangères. S'agit-il d'un « coup de foudre » ou d'une « love story » ou tout simplement du désir de connaître « l'autre » ? A l'heure actuelle, les flux internationaux de populations étant développés pour des raisons économiques, politiques et culturelles, chaque pays occidental est confronté aux cosmopolitisme conjugal.

  • Nouzha Chekrouni se rendra à Téhéran

    Le Maroc participera au quatrième forum de l'Union internationale des ONG des femmes musulmanes prévu à Téhéran du 2 au 9 février, autour du thème "la mondialisation et la femme musulmane". Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée de la Communauté Marocaine à l'Etranger, devra se rendre dimanche prochain à Téhéran pour prendre part aux travaux de cette rencontre.

  • Le Maroc au salon Cebit à Hanovre

    Les entreprises de communication, banking et finance, business process et autres ont rendez-vous du 15 au 21 mars à Hanovre, avec le salon phare Cebit.

  • MRE : un Conseil pour remplacer le ministère ?

    Y aura-t-il encore besoin d'un département ministériel dédié à la communauté marocaine de l'étranger ? Avec la création du Conseil supérieur de la communauté marocaine à l'étranger, le ministère de Nezha Chekrouni perd en quelque sorte de son utilité.