Chirac pour une loi interdisant les signes religieux "ostensibles"

- 18h14 - France - Ecrit par :

Le président Jacques Chirac s’est prononcé mercredi en faveur d’une loi interdisant les signes religieux "ostensibles" dans les écoles et a refusé l’instauration de deux jours fériés juif et musulman dans le calendrier scolaire.Le chef de l’Etat, réaffirmant avec force "la neutralité et la laïcité du service public", a aussi préconisé une loi empêchant qu’un patient puisse refuser "de se faire soigner par un médecin de l’autre sexe" à l’hôpital public.

Il a également annoncé la création d’un "Observatoire de la laïcité" et a affirmé que l’autorité indépendante chargée de lutter contre toutes les formes de discrimination serait mise sur pied au début de 2004. "L’école publique restera laïque" et "pour cela une loi est nécessaire", a déclaré Jacques Chirac dans un discours solennel d’un peu plus de 30 minutes à l’Elysée devant quelque 400 personnes représentant les partis, syndicats, associations et autorités religieuses dont beaucoup s’étaient déclarés hostiles à une loi contre le voile.

Le président Chirac a indiqué qu’il souhaitait que cette loi "soit pleinement mise en oeuvre dès la rentrée prochaine" en septembre 2004. "En conscience, j’estime que le port de tenues ou de signes qui manifestent ostensiblement l’appartenance religieuse doit être proscrit dans les écoles, les collèges et les lycées publics", a-t-il dit. Faisant sienne les propositions de la commission Stasi sur la laïcité, Jacques Chirac a affirmé que "les signes discrets, par exemple une croix, une étoile de David, ou une main de Fatima, resteront naturellement possibles".

"En revanche, a-t-il dit, les signes ostensibles, c’est-à-dire ceux dont le port conduit à se faire remarquer et reconnaître immédiatement à travers son appartenance religieuse, ne seront pas admis". "Le voile islamique, quel que soit le nom qu’on lui donne, la Kippa ou une croix de dimension manifestement excessive n’ont pas leur place dans les enceintes des écoles publiques". Il a demandé au gouvernement de poursuivre le dialogue, notamment avec les autorités religieuses, avant toute décision. En revanche, le président de la République s’est prononcé clairement contre l’introduction dans le calendrier scolaire de deux jours fériés supplémentaires pour les fêtes religieuses juive de Kippour et musulmane de l’Aïd-El-Kebir, préconisé par la commission Stasi. "Je ne crois pas qu’il faille ajouter de nouveaux jours fériés au calendrier scolaire, qui en compte déjà beaucoup", a-t-il dit. Mais il a demandé "qu’aucun élève n’ait à s’excuser d’une absence justifiée par une grande fête religieuse comme celle de Kippour ou de l’Aïd-El-Kebir, à condition que l’établissement en ait été préalablement informé". Il a affirmé que "des instructions" seront données aux recteurs pour que des épreuves importantes ou des examens ne soient pas organisés ces jours là.

AFP

  • Les Musulmans de France haussent le ton

    Les organisations musulmanes sont montées au créneau après la déclaration tant attendue du Président Jacques Chirac mercredi dernier 17 décembre. Ce discours relatif à la loi sur la laïcité interdit le port du voile dans les écoles, les collèges et les lycées publics.

  • La presse marocaine commente largement l'interdiction du port du voile en France

    La presse marocaine a largement commenté l'annonce de la future interdiction du port du voile islamique faite par le président français Jacques Chirac, alors que près d'un million de Marocains sont installés en France.

  • Barbe et bandana : les musulmans de France redoutent les « dérapages »

    « On assiste à un raidissement des parlementaires et de l'opinion après les manifestations de rue des islamistes. » L'analyse, livrée hier au Figaro par Dalil Boubakeur, ne manque pas de pertinence. Au moins apporte-t-elle un peu de clarté dans un débat sur la laïcité qui sans cesse dérape, dévie, et vire à la confusion.

  • Chirac exalte "l'amitié intangible, indéfectible" entre le Maroc et la France

    Le président français Jacques Chirac a exalté "l'amitié intangible, indéfectible entre le Maroc et la France", jeudi soir, lors d'un dîner offert par le roi Mohammed VI à Fès, au premier jour de sa visite d'Etat dans le royaume.

  • Raffarin à la mosquée de Paris, une première pour un chef de gouvernement

    Jean-Pierre Raffarin se rend vendredi à la grande mosquée de Paris, une visite qui constitue une première pour un chef de gouvernement et intervient à une semaine du début du mois de jeûne (Ramadan) et surtout en pleine polémique sur le port du voile islamique à l'école.

  • France - Intégration : un processus en panne

    En temps normal, ce rapport n'aurait sans doute qu'à peine été commenté. Mais à quelques encablures de la campagne électorale pour le scrutin régional de mars et à 48 heures de l'adoption en Conseil des ministres du projet de loi sur la laïcité - qui prohibe les signes religieux à l'école -, le document n'est pas passé inaperçu.

  • Jacques Chirac se rendra cet automne au Maroc

    Jacques Chirac a annoncé vendredi qu'il se rendrait cet automne au Maroc et en Tunisie pour y porter le « message de confiance et de solidarité » transmis à l'Algérie en avril dernier.

  • Chirac, « l'ami du Maroc », accueilli à Fès

    Salué par l'ensemble de la presse locale comme »l'ami du Maroc », Jacques Chirac est arrivé jeudi après-midi à Fès dans le centre du royaume. Plusieurs dizaines de milliers de Marocains, principalement des écoliers brandissant des drapeaux tricolores, ont réservé un accueil particulièrement chaleureux au président français.

  • France : Sarkozy prône la « discrimination positive »

    Nicolas Sarkozy estime toujours que le problème du voile à l'école ne doit pas être réglé par la loi, mais, sans renoncer à sa « vérité », il a manifesté hier soir un respect inédit pour la « vérité des autres ».

  • Jacques Chirac condamne les incendies d'Annecy et de Seynod

    Jacques Chirac a condamné samedi « avec la plus grande fermeté » les « actes odieux » perpétrés vendredi contre la mosquée d'Annecy (Haute-Savoie) et une salle de prière de Seynod, dans la banlieue.