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Le CMC tire la sonnette d’alarme quant à la croissance économique du Maroc

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28 mars 2008 - 11h45 - Economie

Quelle dynamique de relance pour l’économie nationale ? Le libellé de la question du Centre marocain de conjoncture (CMC), soumis aux experts présents à son séminaire tenu hier à Casablanca dans le cadre de son Cycle des affaires, fait débat. Tant mieux. Car « le CMC se place dans une logique de regards croisés, ce qui ne veut pas dire forcément regards divergents », décrypte d’entrée Larbi Jaïdi, un des experts du centre. L’essentiel, a-t-il rappelé, c’est de réfléchir sur les outils de diagnostic à même de mener à terme ce débat.

Oui, mais « il faudra auparavant faire la différence entre le pilotage conjoncturel et le potentiel de croissance non inflationniste », s’insurge Karim El Aynaoui, directeur des études et des relations internationales à Bank Al-Maghrib. Mais le vrai débat, c’est la question de fond, qui divise les différentes écoles présentes.

Le CMC défend que « l’année 2007 s’est achevée sur un repli de l’activité avec un taux de croissance réduit par rapport à l’exercice précédent ». Ministère des Finances, Bank Al-Maghrib et opérateurs économiques défendent le contraire. « Les résultats 2007 sont en revanche intéressants, avec une croissance économique de 2,2% et 5%, activité agricole exclue ».

Par conséquent, pour le secrétaire général du ministère des Finances, Abdellatif Loudiyi, « on ne peut parler de récession ou de recul quand on enregistre un taux d’investissement de 34% ». Evoquant le volet finances publiques, il relève le léger excédent enregistré par le budget 2007, grâce aux augmentations des recettes de 27%. Ce qui, pour Loudiyi, reflète surtout la normalisation du cadre macroéconomique. En tout cas, c’est une première, d’autant plus que « les finances publiques se sont assainies grâce aux recettes ordinaires ». Difficile de trancher, tant chaque école semblait être dans son rôle.

Pour les experts hôtes du jour, l’orientation de la conjoncture économique en ce début d’année semble s’inscrire dans la continuité d’une tendance de repli comme c’était le cas en 2006, « au vu des anticipations portant sur les principaux déterminants de l’environnement tant au niveau interne qu’externe ». Au plan de la croissance, ils sont catégoriques. « L’essentiel projeté pour l’exercice en cours et dont le taux varierait, en toute probabilité, dans une fourchette de 5 à 5,5% ne constituerait qu’un rattrapage après le ralentissement brutal de l’activité en 2007 ». L’opposition est tranchée.

Du côté officiel, on campe sur les mêmes positions et que le seul point noir de l’exercice écoulé, c’est le déficit commercial. Là aussi, la raison est toute trouvée : « C’est le fait du renchérissement des prix des matières premières ». D’ailleurs, les choses semblent promises à des lendemains meilleurs. Si l’on en croit le représentant du ministère des Finances, les différents contrats d’investissements conclus avec de grands groupes étrangers dont Renault-Nissan ou encore la restructuration financière et juridique de l’OCP, qui lui permet de tisser des partenariats importants, laissent entrevoir un potentiel d’exportation important.

Loudiyi est déterminé à donner la réplique aux experts du CMC. Non seulement 2007 a été « une bonne année, mais la tendance va rester la même bien que la conjoncture mondiale ne soit pas favorable ». Ceci, d’autant plus que la relance de l’investissement public en 2008, estimé à 106 milliards de DH, procède d’une amélioration des finances des établissements publics. Mieux encore, « il ne s’agit pas de recours abusif à l’endettement », précise le cadre des Finances. A noter cependant cette petite extrapolation : « Le dialogue social sera maîtrisé et un consensus va être trouvé, sachant que l’Etat fait du volet social son cheval de bataille ». Près de 50% des crédits budgétaires de l’Etat vont au social. Des chiffres et des arguments qui sidèrent le président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX). « C’est marrant que les mêmes statistiques donnent des grilles de lecture différentes ». Abdellatif Belmadani, du reste comme le président de la CGEM Moulay Hafid Elalamy, dit pourtant être optimiste, en regardant le verre à moitié plein. Tout en reconnaissant que nos exportations augmentent, il estime que nous allons moins vite que nos concurrents.

Un débat d’école ? Elalamy appelle à anticiper les changements pour minimiser leur impact. El Aynaoui, lui, reste convaincu que le Maroc est en train de changer de modèle d’où son invitation à changer de grille de lecture. Il est sûr d’une chose : « Le Maroc ne sera pas un pays qui se développera par l’industrie ». Le tout sera d’harmoniser les données statistiques. Car, au-delà des indicateurs économiques et financiers globaux, le CMC persiste à dire que « le dynamisme de l’activité au plan social apparaît à la lumière des indices précurseurs en ce début d’année fort contrasté ». Difficile de se faire une philosophie économique de toute cette offre.

Source : L’Economiste - Bachir Thiam

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