Compétitivité, le Maroc à la traîne

- 16h47 - Maroc - Ecrit par : L.A

Au moment où les experts économistes et/ou financiers ayant animé le dernier Forum économique international de Davos, n’ont pu dissimuler leur inquiétude sur la croissance économique, le Haut commissariat au Plan (HCP) marocain publie ses derniers chiffres du budget économique prévisionnel tout en tablant sur une croissance économique prometteuse de 6.8% en 2008. Une situation intrigante ! Si une véritable croissance il y a, à quoi et à qui profite l’économie marocaine ??? S’agit-il d’une croissance durable ou jusque conjoncturelle ?

Le HCP prévoit une croissance de 6.8% parce que plusieurs facteurs considérés positifs provoquent cette tendance haussière au cours de l’exercice 2008.

Encore une fois et comme toutes les fois, la croissance économique marocaine compte sur l’accroissement de la valeur ajoutée agricole à hauteur de 12.5% sous l’effet des conditions climatiques favorables, soit une production céréalière en valeur absolue de 60 millions de quintaux. Cette croissance sera accentuée selon HCP par la progression des activités non agricoles prédominées par les investisseurs dans le secteur du Bâtiment et Travaux publics.

Cette dynamisation doit être chiffrée à 5.2%. Il parait que les experts de notre Haut commissariat au plan sont des véritables conjoncturistes laissant à la marge les facteurs structurels de développement durable. Sachant que le glas de Davos a sonné pour un ensemble de pays n’excluant guère le Maroc, ce rapport laisse perplexe.

Croissance économique médiocre

Certes, le rapport du HCP ne peut que laisser optimiste sous l’effet seulement des conditions climatiques favorables. Mais quand l’accent est mis sur les facteurs de compétitivité et de progrès économique durable, notamment, sur l’évolution de la productivité non agricole, le Maroc semble être à la traîne. En mettant en exergue le développement des affaires et d’après Davos, le Maroc est classé 80ème sur 128 pays du monde. Pis encore, le Maroc est distancé par plusieurs pays arabes comme la Tunisie 32ème rang, Qatar 31ème rang, Oman 42ème, la Jordanie 49ème rang.

D’après la Banque mondiale et la banque africaine de développement, le Maroc fait de son mieux, mais il demeure au-dessous des espérances. Les acteurs experts établissant une synthèse de différents diagnostics, soulignent fortement que la création de richesse reste faible et les orientations vers les marchés internationaux demeurent insuffisantes. Le constat des spécialistes est clair. Le défaut de renforcer et d’accélérer la productivité économique marocaine non agricole manifeste autant de manque à gagner en termes de valeurs ajoutées, de diversification des marchés et de réactivité face aux opportunités de développement durable. L’économie marocaine est appelée plus que jamais à améliorer la compétitivité de son tissu productif et à renforcer son autonomisation par rapport au secteur agricole qui affecte fortement la fluctuation de la croissance économique.

Le principal défi est d’explorer de nouveaux créneaux de production à forte valeur ajoutée, pour figurer dans la première moitié du tableur de classement élaboré par les experts internationaux de Davos. Dans ce sillage, le fonds monétaire international recommande une concentration intensifiée sur la compétitivité du tissu productif pour profiter des possibilités présentes à l’échelle de diversification des débouchés internationaux.

Sans conteste, seules les PME ont la capacité d’accroître l’efficacité et la productivité des secteurs, et d’accroître le degré de résistance économique face à un environnement économique mondial turbulent et incertain, car la PME dispose d’une capacité de flexibilité lui permettant de réussir toute politique « Tactique », en se plaçant sur des interstices et en visant des niches de production non agricole.

La PME dans le collimateur

Mais au moment où tout s’accélère sur les marchés internationaux, et la compétitivité de plus en plus rude, la PME/PMI marocaine est fondamentalement réduite à des micro-unités considérées familiales et dont le degré de modernisation de la structure de productivité est insuffisante voire faible, pour accélérer sa mutation vers une production à haute valeur ajoutée tout en usant ses produits à faible valeur ajoutée. Ce qui suscite l’impressionnabilité, ce sont les déclarations de certains responsables marocains, ayant la forte ambition de travailler sur les accords de libre-échange pour les rendre opérationnels et de développer une image de produit marocain et de capitaliser sur l’ensemble des actions de communication, pouvant l’acheminer vers l’international. Quand les activités informelles non agricoles représentent 17% du PIB, 3.9% de l’emploi non agricole et les unités de production informelle exploitent la main d’œuvre peu ou pas qualifiée, voire même de petites mains d’enfants, localisées essentiellement en milieu urbain (71.6% contre 28.4% pour le rural), de quelle qualité de produit compétitive s’agit-il pour mener une communication à l’international ?

Rappelons que le rapport mondial de Davos (2007-2008) est un rapport élaboré par des experts qui ont fixé le regard sur la compétitivité et l’évolution de la productivité.Lorsqu’on apprend que la concurrence entre les économies bat son plein pour le partage du marché international, nul besoin de rappeler l’importance d’un rating économique synonyme d’une notation pour établir un classement porté sur le degré de faire plus ou mieux que les concurrents.

De ce fait, l’action urgente pour booster la compétitivité de la PME ne peut que focaliser l’attention des décideurs marocains. Face à la cœxistence d’un secteur moderne adopté aux exigences de l’économie de marché et d’un secteur informel de grande taille, le tissu productif marocain a beaucoup à faire pour améliorer sa compétitivité à l’international. Après l’échec de plusieurs « actions » de mise à niveau, quel programme est à concrétiser pour le dynamisme effectif du tissu entrepreneurial marocain ?

Gazette du Maroc - Jdily Fatima -Zohra

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