Il conduit sa femme marocaine chez un célèbre religieux pour sauver leur mariage… elle ne revient plus

- 16h00 - Monde - Ecrit par : Nadia El A.

Un homme d’affaires nigérian accuse un célèbre prédicateur d’avoir provoqué la rupture de son mariage avec une Marocaine. Sollicité pour une médiation, le mari a lui-même conduit son épouse chez le religieux. Selon lui, elle n’est jamais revenue vivre au domicile conjugal.

Nasir Musa Idris affirme avoir épousé la Marocaine Khadija Diab au Maroc en octobre 2024. Après avoir accompli les formalités nécessaires, il l’emmène à Kaduna, dans le nord du Nigeria, où le couple s’installe.

La situation bascule le 16 septembre 2025. Selon les documents judiciaires consultés par la presse nigériane, Idris reçoit un appel de l’un des fils du célèbre prédicateur islamique Sheikh Ahmad Gumi. Son épouse se serait plainte de lui et le religieux souhaiterait la recevoir pour une séance de conseil conjugal.

Le mari accepte et conduit lui-même Khadija au domicile de Gumi. Il affirme avoir accepté de l’y laisser en raison de la réputation du prédicateur. Les deux hommes ne se connaissaient pourtant que très peu : Idris avait précédemment présenté brièvement son épouse à Gumi, notamment parce que la femme du religieux est elle aussi marocaine.

Sur Bladi.net : Elle accuse son mari de les avoir laissés au Maroc sans passeports : le jugement de Larache est écarté

Mais Khadija Diab ne retourne pas vivre au domicile conjugal. Idris soutient que ses tentatives pour la faire revenir échouent et accuse Gumi, son épouse, ses fils et deux de leurs proches de la retenir et d’exercer une influence sur elle.

Le médiateur se retrouve poursuivi

Idris engage alors plusieurs procédures devant deux tribunaux de magistrats et une juridiction islamique de l’État de Kaduna. Les plaintes déposées en avril et mai 2026 visent Sheikh Ahmad Gumi et cinq autres personnes, selon les documents judiciaires détaillés par Atlantic Post.

Le Nigérian les accuse notamment de complot, rétention injustifiée, intrusion, diffamation et utilisation de faux documents. Il affirme également que 20 000 dollars et 6 000 riyals saoudiens auraient été emportés de son domicile le 19 septembre 2025.

Le conflit porte aussi sur un document relatif au mariage. Idris affirme que Gumi s’est présenté comme le représentant légal de Khadija devant un tribunal islamique et a fourni des informations inexactes. Selon lui, le document obtenu aurait ensuite été annulé par cette même juridiction, mais aurait continué à être utilisé dans d’autres procédures.

Les tentatives de réconciliation auraient également échoué. Le mari assure avoir fait livrer des effets personnels à Khadija le 3 novembre 2025, mais que ceux-ci lui ont été retournés. Il accuse l’entourage du prédicateur d’avoir cherché à le pousser à dissoudre le mariage.

Sur Bladi.net : Elle vit aux Pays-Bas, la justice lui invente un salaire au Maroc

L’affaire a refait surface début septembre après une intervention filmée d’Idris auprès de RFI Hausa. L’homme affirme que son épouse, aujourd’hui âgée de 23 ans, se trouve toujours auprès de l’entourage de Gumi, près d’un an après leur séparation.

Il accuse également le religieux de ne pas avoir répondu à une convocation des autorités nigérianes. Le média ayant relayé ces nouvelles déclarations précise toutefois n’avoir pu en vérifier ni le fondement ni la nature exacte. Sheikh Ahmad Gumi n’avait pas publiquement répondu à ces accusations au moment de leur publication.