Corse : Les Marocains pris au piège

- 14h48 - Maroc - Ecrit par :

Attentats par explosifs visant des magasins, des appartements, des banques et des entreprises ainsi que des inscriptions racistes sur les murs des plus grandes villes corses, Bastia notamment. En tout, ce sont une trentaine d’actes racistes qui sont devenus le quotidien de la communauté maghrébine résidant en Corse.

Des chiffres annoncés par le parquet de Bastia et qui s’étendent sur les six premiers mois de cette année. Les Marocains de cette île française se trouvent en première ligne, a souligné le procureur général, Patrick Lalande. En effet, près d’une vingtaine de ces actes ont directement visé des locaux commerciaux ou habitations appartenant à des Marocains.

Ce climat de haine s’est trouvé alourdi par des menaces formulées à travers des inscriptions xénophobes sur les murs, comme celles découvertes à Bastia affirmant : « Arabi Fora » (Arabes dehors) ou encore par le biais de communiqués rendus publics par des groupuscules clandestins et envoyés à de nombreuses rédactions de journaux, d’agences de presse et de chaînes de télévision en Corse.

Celui de l’organisation Clandestini Corsi (Les Clandestins Corses), parvenu à France3-Corse, mais également aux locaux de l’AFP à Paris, revendiquant trois attentats commis en début du mois de juillet, en est la preuve. Le premier a ciblé une banque privée, la Waffa Banque, situé à Biguglia (Haute-Corse) et appartenant à une personne d’origine marocaine. Les deux autres ont visé une épicerie orientale à Bastia, ainsi qu’une pizzeria dans la banlieue de Bastia. « Ces actions ont un but bien précis : stopper l’immigration qui ronge l’île depuis trop d’années déjà (...), il est inadmissible que cette racaille s’enrichisse sur notre terre », peut-on lire dans ce communiqué. Les termes employés sont clairs et nets, quant à la motivation de ces organisations xénophobes qui ont insisté à maintes reprises qu’elles n’hésiteront pas à recourir au meurtre s’il le faut. « Nous sommes en droit de ne pas accepter ce type de population et les plus réticents seront éliminés physiquement », a précisé Clandestini Corsi dans son récent communiqué. Il est à signaler que cette organisation est apparue le 22 mars quand le groupe a revendiqué son premier attentat, l’explosion d’une petite charge dans un quartier de Bastia où résident de nombreuses familles maghrébines. Depuis, ce groupe a revendiqué sept attentats.

Cette recrudescence de la violence, qui dépasse le verbal, inquiète sérieusement les autorités judiciaires qui s’attendent à dépasser largement les chiffres enregistrés l’année dernière. En 2003, la Commission française consultative des droits de l’Homme avait recensé 56 actes racistes et xénophobes en Corse, contre 36 au plan national. Il y avait eu 39 attentats à l’explosif, neuf incendies, six dégradations et deux agressions.

Fadoua GHANNAM
Source : Aujourd’hui Le Maroc

  • Corse : Oust les Marocains !

    Ils sont quelques 23.000 Marocains sur 26.000 étrangers basés en Corse. Le chiffre représente 10 % de l'ensemble des habitants de l'île estimés à 260.000. De quoi alarmer une population corse en crise identitaire. Depuis le début de l'année, une vingtaine d'attentats par explosif ont visé des biens appartenant à des familles marocaines. Magasins, appartements, entreprises, agences bancaires... rien n'a été épargné. Rien, jusqu'au drapeau marocain du Consulat du Maroc en Corse qui a été enlevé et brûlé au début du mois de juillet.

  • Attentat contre la voiture d'une famille marocaine à Bastia

    La voiture d'une famille de Français d'origine marocaine a été entièrement détruite dans un attentat à l'explosif à Bastia vendredi soir, a-t-on appris samedi de source judiciaire.

  • Corse : les familles maghrébines fuient le racisme

    La chaîne de télévision française TF1 a diffusé dans son journal télévisé de 20 heures jeudi soir un reportage sur la situation vécue par les familles maghrébines, et particulièrement marocaines, qui font face à une réelle montée du racisme.

  • Marocains de Corse- Emile Zuccarelli : 'Lutter contre les exactions'

    Réagissant à la vague de violence visant, notamment, les Marocains résidant en Corse, le maire de Bastia et député à l'Assemblée nationale française, Emile Zuccarelli, condamne ces actes, tout en rappelant que l'île de Beauté doit beaucoup aux Maghrébins.

  • Corse : Dérive xénophobe

    Les Marocains de Corse en particulier et les Maghrébins en général vivent des moments difficiles dans cette Île française où ils sont confrontés depuis quelque temps à la montée d'actes racistes perpétrés à leur encontre par des groupuscules armés comme "clandestini Corsi".

  • La maison d'une famille marocaine incendiée en Corse

    La maison d'une famille marocaine à Calvi (Haute-Corse) a été visée dans la nuit de vendredi à samedi par des cocktails Molotov et des tirs de fusil de chasse, occasionnant des dégâts importants.

  • Corse : La valise ou le cercueil

    ar leurs agissements xénophobes, certains Corses sont en train de tuer la corsitude réputée pour être une culture méditerranéenne qui véhicule les valeurs de tolérance, de cohabitation et de respect de l'autre.

  • La villa d'un Marocain plastiquée en Haute-Corse

    La villa en construction d'un maçon d'origine marocaine a été la cible dans la nuit de jeudi à vendredi d'un attentat à l'explosif à Biguglia (Haute-Corse), a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

  • Attentats anti maghrébins : Le réveil corse

    La semaine dernière était celle de la « fraternité » en Corse. Une semaine à caractère purement symbolique comme tenait à le signaler le préfet corse et qui vient boucler une année 2004 marquée par au moins une quarantaine d'actes racistes et xénophobes qui ont visé essentiellement des Marocains.

  • Corse : Le calvaire des Marocains se poursuit

    Rien ne va plus pour les Marocains de Corse. Les termes du communiqué, diffusé au mois d'août, par un groupuscule nommé Clandestini Corsi, prennent un sens inquiétant après l'assassinat d'un Marocain, vendredi, à Ajaccio. Le communiqué qualifiait de « racaille » les émigrés et affirmait : « Nous sommes en droit de ne pas accepter ce type de population et les plus réticents seront éliminés physiquement ».