Crise de Ceuta : 180 000 voyageurs contrôlés en Italie, seulement huit Marocains refoulés
L’Italie a contrôlé plus de 180 000 voyageurs arrivant d’Espagne en août après la crise de Ceuta. Au final, seulement 31 personnes ont été refoulées à la frontière italienne, dont huit ressortissants marocains. Rome vient pourtant de prolonger ses contrôles.
Les premiers chiffres du dispositif italien sont désormais connus. Entre le 1er et le 31 août, près de 500 000 voyageurs ont été vérifiés à partir des listes de passagers et plus de 180 000 personnes arrivant d’Espagne ont été identifiées au moment de leur entrée en Italie.
Malgré l’ampleur du dispositif, seules 31 décisions de refoulement à la frontière ont été prises pendant tout le mois. Huit concernaient des citoyens marocains, selon des données du ministère italien de l’Intérieur rapportées par Rai News et l’ANSA.
Six personnes ont également été arrêtées au cours des contrôles.
Ces chiffres donnent une autre dimension aux contrôles frontaliers rétablis entre l’Italie et l’Espagne. Rome avait décidé de réintroduire le 1er août des contrôles dans les ports et aéroports pour les passagers en provenance d’Espagne, immédiatement après l’arrivée massive de migrants à Ceuta les 30 et 31 juillet.
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Le gouvernement italien avait notamment invoqué des préoccupations liées à la sécurité et au risque que certaines des personnes entrées à Ceuta puissent ensuite circuler dans l’espace Schengen.
Les résultats du premier mois apparaissent pourtant très limités au regard du nombre de voyageurs vérifiés. Sur plus de 180 000 personnes physiquement identifiées à leur arrivée d’Espagne, 31 ont finalement été refoulées, soit environ une personne sur 5 800.
Et parmi ces 31 personnes, seulement huit étaient marocaines.
Rome prolonge malgré tout les contrôles
Malgré ce bilan, l’Italie a décidé de maintenir le dispositif pendant quinze jours supplémentaires.
Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, explique cette prolongation par l’évaluation réalisée par le comité chargé de l’analyse de l’immigration et de la sécurité des frontières. Selon lui, les raisons ayant conduit Rome à rétablir les contrôles n’ont pas encore totalement disparu.
Le ministre espère toutefois qu’il s’agira de la dernière prolongation. Il reconnaît notamment les efforts engagés par l’Espagne et l’Union européenne pour normaliser la situation à Ceuta.
La décision italienne continue d’irriter Madrid. Le gouvernement espagnol conteste l’idée que les dizaines de milliers de personnes entrées à Ceuta constituent aujourd’hui une menace pour l’espace Schengen. Les autorités espagnoles assurent que les migrants encore présents dans la ville ne peuvent pas rejoindre librement la péninsule.
La crise avait pris une ampleur exceptionnelle les 30 et 31 juillet. Les renseignements espagnols n’avaient initialement détecté que quelques milliers de candidats au passage avant que 72 000 personnes ne franchissent finalement la frontière de Ceuta.
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Depuis, une très grande partie de ces personnes a regagné le Maroc. Madrid affirme que près de neuf personnes sur dix sont déjà reparties, tandis que plusieurs milliers demeurent encore dans la ville autonome, dont de nombreux mineurs.
Le différend entre Rome et Madrid a néanmoins débordé bien au-delà de Ceuta. En réaction aux contrôles italiens, l’Espagne a elle-même instauré des vérifications sur les voyageurs arrivant d’Italie et vient également de prolonger son dispositif.
Un mois après le début du bras de fer, les chiffres italiens permettent désormais d’en mesurer concrètement les résultats : près d’un demi-million de passagers examinés sur les listes, plus de 180 000 personnes contrôlées à leur arrivée, mais seulement 31 refoulements. Et parmi eux, huit Marocains dont rien ne permet à ce stade de relier le parcours à Ceuta.